mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401471 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juin 2024, et un mémoire en production de pièces déposé le 25 juin 2024, Mme D A, représentée par Me Bonnet, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 mars 2024 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est présumée s'agissant d'un refus de renouveler un titre de séjour ; en outre, l'acte attaqué la place dans une situation difficile en l'empêchant notamment de circuler librement pour les actes de la vie courante, alors qu'elle a disposé pendant plus de quatre ans d'un titre de séjour en qualité d'étudiant ; la décision contestée lui fait perdre ses droits à l'assurance maladie ce qui va entraver son suivi médical au centre hospitalier universitaire de Poitiers, alors qu'elle a besoin d'une surveillance clinico-biologique semestrielle pour traiter l'aggravation de l'hépatite B chronique dont elle souffre et qu'elle est également suivie depuis 2022 par le service gynécologique du centre concernant un fibrome donnant lieu à une anémie sévère.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision portant refus de séjour méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet de la Vienne a commis une erreur d'appréciation du caractère réel et sérieux de ses études et des moyens d'existence dont elle dispose.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie ;
- la condition tenant à l'existence d'un moyen de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision n'est pas satisfaite.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le requête enregistrée le 6 juin 2024 sous le numéro 2401470 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après lecture du rapport de M. C, ont été entendues au cours de l'audience publique qui s'est déroulée en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- les observations de Me Bonnet, représentant Mme A, présente à l'audience qui reprend ses conclusions et moyens en insistant sur les difficultés de santé qui ont affecté le cursus universitaire de Mme A ; il est rappelé que celle-ci est suivie au centre hospitalier universitaire de Poitiers pour une anémie sévère chronique qui a nécessité plusieurs hospitalisations en urgence ; elle a dû être opérée en 2024 et a besoin de sa couverture médicale étudiante ; elle va devoir demander l'aide médicale d'Etat, ce qui va imposer des délais d'instruction nécessairement longs ; elle travaille pour financer ses études et son employeur lui demande de justifier de la régularité de son séjour ; la condition d'urgence est indéniablement remplie puisqu'il s'agit d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour et que le préfet de la Vienne à qui la charge de renverser la présomption d'urgence n'établit pas l'existence de circonstances particulières de cette portée ; Mme A a validé son premier semestre de Master 1 ; elle a validé son deuxième semestre mais n'est pas parvenue à rédiger son mémoire ; en 2021/2022 elle s'est réinscrite mais en raison des difficultés avec son enseignant encadrant le Master, sa soutenance a été très difficile ; en dépit de son échec elle a été autorisée à redoubler ; en 2022/2023, son état d'anémie a entraîné une fatigue constante qui ne lui a pas permis de se consacrer entièrement à sa scolarité ; Mme A dispose de moyens d'existence suffisants ; son salaire est variable selon les périodes mais il s'établit en moyenne à 1 300 euros.
- Les observations de Mme B, juriste représentant le préfet de la Vienne qui maintient ses écritures et précise que le doute n'est pas permis sur l'absence de caractère réel et sérieux des études suivies par la requérante qui est inscrite en Master 1 depuis 4 ans, a validé la première année son semestre avec la note de 10,5 et n'est pas parvenu ensuite à valider son second semestre ; si les difficultés relationnelles avec son professeur encadrant le master peuvent justifier un échec une année, elles n'expliquent pas les échecs les années suivantes ; il est difficile de reconnaître que les pathologies dont souffrent la requérante puissent expliquer ses échecs scolaires alors qu'elles ne l'empêchent pas de travailler ; le préfet de la Vienne n'avait pas connaissance des bulletins de paie qui ont été produits dans le cadre de l'instance.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne née en 1988 est entrée en France le 26 septembre 2020, munie d'un visa long séjour mention étudiant, valable jusqu'au 10 septembre 2021. Elle a ensuite été mise en possession de titres de séjour en qualité d'étudiant, valable jusqu'au 10 novembre 2023. Ayant sollicité le renouvellement de son titre de séjour, elle a bénéficié de deux attestations de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement valable du 17 novembre 2023 au 16 février 2024, puis du 21 mars 2024 au 20 juin 2024. Par un arrêté du 22 mars 2024, le préfet de la Vienne a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme A demande la suspension de l'exécution de cet arrêté en tant qu'il refuse de renouveler son titre de séjour.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, les moyens visés ci-dessus n'apparaissent pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
4. Il résulte de tout ce qui précède, que sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence laquelle est au demeurant remplie, les conclusions de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 mars 2024 par lequel le préfet de la Vienne a refusé le renouvellement de son titre de séjour, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais du litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A et au préfet de la Vienne.
Fait à Poitiers, le 3 juillet 2024
Le juge des référés,
Signé
P. CLa greffière,
Signé
T.H.L. GILBERT
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026