mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401474 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DESROCHES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juin 2024, M. C B, représenté par Me Desroches, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en date du 9 avril 2024 par laquelle le préfet de la Vienne a refusé de poursuivre l'instruction de sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de reprendre l'instruction de sa demande de titre de séjour et dans l'attente de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou de lui verser directement cette somme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation ; le refus d'instruite la demande de renouvellement de son titre de séjour en litige interrompt nécessairement la régularité de son séjour alors qu'il est entré mineur en France et qu'il a bénéficié sans interruption de titres de séjour depuis 2022 ; la décision en litige l'empêche de travailler alors qu'il bénéficie d'un contrat d'engagement jeune, conditionné à la régularité de son séjour, depuis le 22 mars 2024 et qui arrive à échéance au 21 septembre 2024 ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : celle-ci a été prise par une autorité incompétente ; elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; elle méconnait l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'annexe 10 de ce même code dès lors que le préfet de la Vienne se fonde, pour justifier du caractère incomplet de son dossier, sur l'absence de production de l'avenant de son contrat de travail avec la société MG Bâtiment alors que cette pièce ne figure pas parmi celles exigibles.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 juin 2024, le préfet de la Vienne conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il a été décidé de poursuivre l'instruction de la demande de titre de séjour de M. B et de lui délivrer un récépissé valable jusqu'au 13 août 2024, lequel abroge ainsi la décision refusant la poursuite de l'instruction.
Par un nouveau mémoire enregistré le 21 juin 2024, M. B maintient ses conclusions.
Il ajoute que le préfet de la Vienne ne lui a pas délivré un récépissé l'autorisant à travailler alors qu'il a demandé un titre de séjour " travailleur temporaire " et qu'au moment où il a déposé sa demande il était en contrat d'apprentissage.
Par un nouveau mémoire enregistré le 25 juin 2024, le préfet de la Vienne conclut aux mêmes fins que précédemment par les mêmes moyens.
Il ajoute que dès lors qu'aucune mention contraire ne figure sur le récépissé délivré le 19 juin 2024, le requérant est autorisé à travailler durant l'instruction de sa demande de titre de séjour.
Vu :
- la requête enregistrée le 7 juin 2024, sous le n° 2401473, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-camerounaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Yaoundé le 24 janvier 1994 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. Cristille, vice-président pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- le rapport de M. Cristille, juge des référés ;
- les observations de Me Desroches, représentant M. B ;
- et les observations de Mme A juriste représentant le préfet de la Vienne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant camerounais né le 20 octobre 2001, est entré sur le territoire français le 6 octobre 2017alors qu'il était mineur et a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Vienne. Une fois majeur, M. B a bénéficié d'un titre de séjour " étudiant " valable du 24 mai 2022 au 23 mai 2023. Le 17 mai 2023, il a sollicité du préfet de la Vienne, un changement de statut par la délivrance d'un titre de séjour en qualité de travailleur. Par un courrier du 20 décembre 2023, le préfet de la Vienne a demandé à l'intéressé de lui communiquer plusieurs documents afin d'instruire son dossier. Par une décision du 9 avril 2024, le préfet de la Vienne a refusé de poursuivre l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour au motif que le dossier de M. B était incomplet en l'absence du contrat de travail et de l'autorisation de travail délivrée par le service de la main d'œuvre des étrangers qui étaient exigées. M. B demande la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le préfet en défense :
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de sa requête, le préfet de la Vienne a délivré au requérant un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 13 août 2024. En délivrant ce récépissé qui n'interdit pas à M. B de travailler, le préfet de la Vienne doit être regardé comme ayant entendu poursuivre l'instruction de la demande de titre de séjour. Dès lors, il n'y a lieu de statuer ni sur les conclusions de M. B à fin de suspension de la décision de refus d'instruction ni sur les conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Desroches de la somme de 900 euros, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. B.
Article 2 : L'Etat versera à Me Desroches, avocate de M. B, la somme de 900 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au préfet de la Vienne et à Me Desroches.
Fait à Poitiers, le 2 juillet 2024
Le juge des référés,
Signé
P. CRISTILLELa greffière,
Signé
T.H.L. GILBERT
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026