mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401495 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers 96/144 heures |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2414892/8 du 11 juin 2024 enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête présentée par M. E C.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 7 juin 2024, M. M. E C, représenté par Me Namigohar, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois, et la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen qui en résulte.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il procède d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 14 juin 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 29 décembre 1990, déclare être entré en France le 17 août 2009. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 19 juillet 2021 prononcée par le préfet des Yvelines. Il a été interpelé le 5 juin 2024 puis placé en garde à vue pour des faits relatifs à un trafic de stupéfiants. Il a été placé, par un arrêté du 6 juin 2024, en rétention administrative au centre de rétention administrative de Paris. Par une ordonnance sur le contrôle de la régularité d'une décision de placement en rétention et demande de prolongation de rétention administrative du 8 juin 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné l'assignation à résidence de l'intéressé pendant vingt-huit jours, au 11 rue Normandie Niemen à Poitiers, jusqu'au 6 juillet 2024. Par un arrêté du 6 juin 2024 dont M. A demande l'annulation, le préfet de police de Paris lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois, assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00198 du 16 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de police n° 75-2024-02-16-00008, le préfet de police a donné délégation à Mme D, attachée d'administration de l'Etat, pour signer tous actes, arrêtés et décisions, nécessaires à l'exercice des missions de la direction de la police générale, dans lesquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation du requérant, notamment ses articles L. 612-6 et suivants, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et les règlements du Parlement européen et du Conseil des 20 décembre 2006 et 9 mars 2016 respectivement relatifs au fonctionnement et à l'utilisation du système d'information Schengen de deuxième génération, et au code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes. Il précise que M. A représente une menace pour l'ordre public compte tenu de son signalement par les services de police le 4 juin 2024 en détaillant les faits délictueux correspondants, et qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire le français datée du 19 juillet 2021 prononcée par le préfet des Yvelines, sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ayant été rejetée le même jour. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige serait insuffisamment motivé doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort de cette motivation que le préfet de police de Paris s'est bien livré à un examen approfondi de la situation personnelle du requérant.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des procès-verbaux des services de police produits par le préfet de police de Paris, que M. A a été placé en garde à vue le 4 juin 2024, pour les nécessités de l'enquête, pour des faits d'acquisition, de détention, de transport, d'offre ou de cession de stupéfiants, d'importation de produits stupéfiants, de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans d'emprisonnement et de blanchiment du produit d'un délit de trafic de stupéfiants, commis entre le 24 juillet 2023 et le 24 avril 2024. Si, lors de l'une de ses auditions du 5 juin 2024, dans le cadre de la prolongation de sa garde à vue, M. A a déclaré avoir une fille âgée de cinq ans vivant avec sa mère à Poitiers, que plusieurs membres de sa famille résidaient en France et qu'il travaillait comme manutentionnaire pour une société de transports à Paris, ces circonstances, à les supposer établies, ne constituent pas des circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français, assortissant l'obligation de quitter le territoire français du 19 juillet 2021 prise à l'encontre du requérant et qu'il n'a pas exécutée, alors, en outre, qu'il ne conteste pas représenter une menace pour l'ordre public en raison des faits ayant justifié son placement en garde à vue. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet de police en prononçant à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, impliquant son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris a interdit à M. A le retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois, et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet de police de Paris.
La magistrate désignée
Signé
S. GIBSON-THERY
La greffière d'audience,
Signé
C. BERLAND
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026