jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401496 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juin 2024, la société Momo Beignet demande au juge des référés de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 mai 2024 par lequel le maire de Le Grand-Village-Plage a interdit toute activité de vente ambulante sur la plage de la commune pendant les mois de juillet et août.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie dès lors qu'elle exerce une activité exclusivement saisonnière de vente de beignets et de boissons fraiches sur les plages de la commune de l'île d'Oléron et réalise l'intégralité de son chiffre d'affaires pendant la période estivale ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 2 mai 2024 ;
- en effet, l'interdiction qu'il édicte présente un caractère général et absolu qui n'est pas justifié par un risque de troubles à l'ordre, à la tranquillité et à la salubrités publics ;
- cette interdiction porte ainsi une atteinte disproportionnée à la liberté du commerce et de l'industrie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la société Momo Beignet demande au juge des référés de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 mai 2024 par lequel le maire de Le Grand-Village-Plage, commune située sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime), a interdit toute activité de vente ambulante sur la plage de la commune pendant les mois de juillet et août.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience. Enfin, selon l'article R. 522-2 du même code, les dispositions de l'article R. 612-1 de ce code qui imposent au juge d'inviter l'auteur de conclusions entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours à les régulariser, ne sont pas applicables au juge des référés statuant en urgence.
3. Si la société Momo Beignet présente, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions à fin de suspension, elle n'a pas introduit par ailleurs de requête distincte à fin d'annulation contre la décision dont elle sollicite la suspension. Sa requête est, dès lors, manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Momo Beignet est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Momo Beignet.
Copie en sera adressée à la commune de Le Grand-Village-Plage.
Fait à Poitiers, le 13 juin 2024.
La juge des référés,
Signé
G. A
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
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