mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401543 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Hay, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du préfet de la Vienne en date du 19 décembre 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant réfugié ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Hay son conseil sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la décision litigieuse la place en situation irrégulière, elle peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ou être placée à tout moment en centre de retenue administrative ;
- elle est mère de trois enfants dont une fille qui est protégée par le statut de réfugié ; elle doit rester auprès de cet enfant qui ne pourra pas l'accompagner en Guinée en cas de retour forcée ; ses deux aînés sont scolarisés, et elle est en difficulté lorsqu'il s'agit d'accompagner ses enfants à l'école ou pour des sorties scolaires ;
- elle n'est toujours pas autorisée à travailler ;
- elle a introduit un recours en annulation devant le tribunal administratif le 22 mars 2023, soit il y a plus d'un an maintenant et son dossier n'a pas encore été audiencé ;
- elle a transmis de nouvelles pièces au préfet de la Vienne le 8 février 2024 permettant de justifier de son identité.
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
- la décision contestée méconnaît l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet de la Vienne s'est interrogé sur les conditions de délivrance des documents d'état civil qu'elle a produits et sur leur validité ; le préfet de la Vienne n'a pas sollicité un rapport d'examen technique documentaire de la cellule de fraude documentaire et rien ne permet de remettre en doute l'authenticité des actes d'état civil qu'elle a fournis ; le jugement supplétif et l'extrait de registre d'état civil ont été légalisés par l'ambassade de Guinée en France ; la Guinée la reconnaît comme une de ses ressortissantes ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 mars 2023 sous le numéro 2300815 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante guinéenne, née le 3 novembre 1989, déclare être entrée en France le 21 juillet 2018. Elle a sollicité le statut de réfugié qui lui a été refusé par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 8 juillet 2019, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile, le 10 octobre 2019. Par un arrêté du 27 avril 2020, le préfet de la Vienne lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. Par une décision du 20 novembre 2020, l'OFPRA a reconnu à Fatima B, fille de Mme B née le 1er octobre 2020, le statut de réfugié. Le 22 mars 2022, Mme B a sollicité du préfet de la Vienne, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant réfugié " sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 19 décembre 2022, le préfet de la Vienne lui a opposé un refus. Mme B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 19 décembre 2022.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (). ". Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence qui s'attache à suspendre l'exécution de la décision en litige, Mme B soutient qu'elle se trouve en situation irrégulière alors qu'elle a besoin de pouvoir circuler librement pour accomplir les actes de la vie courante et pour accompagner ses enfants dans leurs déplacements. Elle ajoute qu'elle est exposée à tout moment au risque d'être interpellée et de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ce qui la séparera de son enfant qui a le statut de réfugié bien qu'elle soit éligible à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit. Toutefois, Mme B réside en France sans titre de séjour depuis son arrivée en juillet 2018 et le refus de titre de séjour dont la suspension est demandée n'a pas pour effet de la placer en situation irrégulière et de la faire basculer dans une situation de précarité administrative. Dès lors, Mme B ne saurait valablement soutenir que la décision de refus de titre de séjour en litige préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation et que la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative serait donc satisfaite, dès lors que sa situation administrative reste inchangée.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme B en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Poitiers, le 25 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. C
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
No 2401543
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026