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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2401571

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2401571

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2401571
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formationétrangers 96/144 heures
Avocat requérantVASCONI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 juin 2024, le 2 juillet 2024 et le 4 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Vasconi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 13 juin 2024 par lesquelles le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de réexaminer sa situation suite à la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer un titre de séjour temporaire sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- lors de la notification des décisions, il ne s'est pas vu proposer les services d'un avocat ou d'un interprète ; sa requête, bien que présentée au-delà du délai de 48 heures, est recevable, le droit à un recours effectif étant garanti sur le plan conventionnel par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent son droit à être entendu et les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elles sont entachées d'erreur de droit, d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire est entachée d'incompétence ; elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ; elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-1 à 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'incompétence ; elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour est entachée d'incompétence ; elle est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des circonstances humanitaires ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est irrecevable car tardive et que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pipart, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pipart,

- les observations de Me Vasconi, représentant M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée le 4 juillet à 19 heures 00.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant comorien né le 24 avril 2002, est entré sur le territoire français en 2015 dans le cadre d'une procédure de regroupement familial. Il a bénéficié d'un document de circulation pour étranger mineur valable du 20 novembre 2015 au 19 novembre 2020. Le 19 octobre 2022, le requérant a fait l'objet d'un arrêté préfectoral portant refus de délivrance de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi, confirmé par le tribunal administratif le 11 avril 2023. Le 22 mai 2024, il a été auditionné par les services de gendarmerie au centre pénitentiaire de Vivonne (Vienne), dans lequel il est incarcéré. Il a fait l'objet, le 13 juin 2024, d'un arrêté par lequel le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. M. B demande l'annulation de ces décisions.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

4. Par un arrêté du 22 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Vienne, M. Etienne Brun-Rovet, secrétaire général de la préfecture de la Vienne, a reçu délégation de signature à l'effet de signer notamment tous les arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés en litige doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

5. En premier lieu, la décision contestée vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, ainsi que les dispositions applicables à sa situation du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne les éléments de la situation administrative et personnelle de l'intéressé, notamment le fait qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, qu'il est incarcéré depuis le 1er août 2023 et qu'il est défavorablement connu des services de police. Ainsi, la décision en litige est suffisamment motivée et révèle que le préfet a procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de M. B.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. 2. Ce droit comporte notamment : le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ".

7. M. B, dont il ressort des pièces du dossier qu'il a été auditionné par les services de la gendarmerie le 22 mai 2024 a pu fournir des renseignements précis relatifs à sa situation administrative, personnelle et professionnelle. Il se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, sans préciser en quoi il disposait d'autres informations pertinentes qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance du préfet avant l'édiction de l'arrêté litigieux et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps à l'administration, auraient été de nature à faire obstacle à la mesure d'éloignement qui lui est opposée. Dès lors, le moyen tiré de la violation du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu avant l'édiction d'une décision administrative individuelle défavorable, doit être écarté. Il en va de même, en tout état de cause, du moyen tiré de la violation de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

8. En troisième lieu, Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".

9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B s'est maintenu sur le territoire français après l'expiration de son document de circulation, le 19 novembre 2020. D'autre part, il ressort de la fiche pénale de l'intéressé qu'il a été placé en détention provisoire puis en liberté sous contrôle judiciaire le 21 novembre 2020 par le tribunal judiciaire de Poitiers, pour des faits d'extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien et le 4 novembre 2021 pour les mêmes faits et qu'il a été condamné à deux reprises, le 6 décembre 2022, par le tribunal correctionnel de Niort, à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec maintien en rétention pour des faits de recel de bien provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas 5 ans d'emprisonnement et le 29 juin 2023, par le tribunal correctionnel de Niort, à 12 mois d'emprisonnement avec maintien en rétention pour violence commise en réunion suivie d'incapacité supérieure à 8 jours. Ces faits sont suffisamment graves, récents et répétés pour regarder le comportement de l'intéressé comme constituant une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet de la Vienne était fondé à prendre la mesure litigieuse sur le fondement des dispositions précitées.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

11. M. B, qui s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, n'a pas d'enfants et allègue sans l'établir avoir une relation avec une Française. S'il se prévaut de la présence sur le territoire de ses parents, de son frère et de deux demi-sœurs mineures, il ne verse aucun élément aux débats permettant d'établir qu'il entretient des relations avec eux alors qu'au demeurant, il a reconnu au cours de l'audition avec les services de gendarmerie ne plus avoir d'échanges avec son père depuis 5 ans. Il ne justifie pas davantage avoir des relations intenses, stables et anciennes avec d'autres personnes que la personne qui se présente comme sa compagne. Il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où réside encore sa grand-mère et où il a vécu pendant 12 ans. En ce qui concerne son insertion, il ne fait état d'aucune formation professionnelle ou insertion sociale particulière, à l'exception des activités qu'il a pratiquées au cours de sa détention. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et n'a pas davantage commis d'erreur de droit ou d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé en lui faisant obligation de quitter le territoire français.

12. En dernier lieu, les conditions de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur sa légalité. M. B ne peut donc utilement soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il lui aurait été notifié dans une langue qu'elle ne comprend pas et sans avoir recours à un interprète. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter

de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai

de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue

une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".

14. La décision litigieuse vise le 1° et le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. B s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement et énonce les différentes condamnations pénales de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écarté.

15. En deuxième lieu, il résulte de la motivation de la décision contestée que le préfet s'est fondé, pour refuser l'octroi à M. B d'un délai de départ volontaire, sur le fondement du 1° et du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Eu égard à la nature et à la répétition des faits susmentionnés pour lesquels M. B a été condamné et au fait que le requérant ait déclaré vouloir se soustraire à une mesure d'éloignement, comme il l'avait déjà fait précédemment, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions rappelées ci-dessus en estimant que le comportement de l'intéressé était de nature à menacer l'ordre public et qu'il existait un risque que M. B se soustraie à la mesure d'éloignement.

16. En troisième lieu, M. B, qui, comme il a été dit ci-dessus, n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui est opposé serait entachée d'illégalité, n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse devrait être annulée par voie de conséquence d'une telle illégalité.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

17. M. B, qui, comme il a été dit ci-dessus, n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui est opposé serait entachée d'illégalité, n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence d'une telle illégalité.

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

18. En premier lieu, la décision litigieuse vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et rappelle la durée de la présence de l'intéressé sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, et le fait qu'il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement à laquelle il s'est précédemment soustrait. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.

19. En deuxième lieu, M. B, qui, comme il a été dit ci-dessus, n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui est opposé serait entachée d'illégalité, n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse devrait être annulée par voie de conséquence d'une telle illégalité.

20. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

21. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision n'est pas entachée d'une disproportion.

22. Comme cela a été mentionné au point 11 du présent jugement, les éléments produits par le requérant ne démontrent pas qu'il a développé en France des liens personnels et familiaux d'une particulière intensité. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en retenant l'absence de circonstances humanitaires pouvant justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour et n'a méconnu ni l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, ni l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant en fixant à trois ans la durée de cette interdiction.

23. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que celles à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er: M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2: La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Vienne et à Me Vasconi.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

R. PIPARTLa greffière,

Signé

C. BERLAND

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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