vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401650 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, la société Momo Beignet demande au juge des référés de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 mai 2024 par lequel le maire de Le Grand-Village-Plage a interdit toute activité de vente ambulante sur la plage de la commune pendant les mois de juillet et août.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie dès lors qu'elle exerce une activité exclusivement saisonnière de vente de beignets et de boissons fraiches sur les plages de la commune de l'île d'Oléron et réalise l'intégralité de son chiffre d'affaires pendant la période estivale ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 2 mai 2024 : d'une part, l'interdiction qu'il édicte présente un caractère général et absolu qui n'est pas justifié par un risque de troubles à l'ordre, à la tranquillité et à la salubrité publics ; d'autre part, cette interdiction porte ainsi une atteinte disproportionnée à la liberté du commerce et de l'industrie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la société Momo Beignet demande au juge des référés de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 mai 2024 par lequel le maire de Le Grand-Village-Plage, commune située sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime), a interdit toute activité de vente ambulante sur la plage de la commune pendant les mois de juillet et août 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour caractériser l'urgence qui s'attache à suspendre la décision en litige, la société requérante fait valoir qu'elle exerce une activité exclusivement saisonnière de vente de beignets et boissons fraiches sur les plages des communes de l'île d'Oléron et qu'elle réalise l'intégralité de son chiffre d'affaires durant la saison estivale. Elle n'apporte toutefois aucun élément pour démontrer, comme elle le soutient, que l'essentiel de sa clientèle potentielle serait regroupée sur la plage de la commune de Le Grand-Village-Plage visée par l'arrêté municipal en litige et, en tout état de cause, qu'elle n'aurait pas la possibilité d'exercer son activité sur d'autres plages durant la période estivale. En conséquence, la condition d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, la requête de la société Momo Beignet doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Momo Beignet est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Momo Beignet.
Copie en sera adressée à la commune de Le Grand-Village-Plage.
Fait à Poitiers, le 5 juillet 2024
La juge des référés,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
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