jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401700 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 21 mars 2024 du préfet de la Charente-Maritime portant désignation d'un pays de renvoi.
Il soutient que :
- il a déposé une requête en relèvement d'interdiction du territoire auprès de la cour d'appel de Montpellier ;
- un retour dans son pays d'origine l'exposerait à des risques graves pour lui et sa famille dans la mesure où il est activement engagé dans un mouvement politique ;
- les autorités françaises déconseillent de s'y rendre et il ne pourrait y bénéficier d'aucune protection ni recours ;
- son renvoi avec sa famille constituerait une violation par la France de ses engagements internationaux ;
- il est déterminé à mener en France une vie exemplaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; ".
2. M. A B, ressortissant centre-africain né le 31 mars 1982, a été condamné le 27 février 2009 par la Cours d'assises des Pyrénées-Orientales à une peine de trente ans d'emprisonnement pour meurtre, assortie d'une interdiction définitive du territoire français à titre de peine complémentaire. Par une décision du 21 mars 2024, le préfet de la Charente-Maritime a désigné le pays de renvoi, à savoir la Centrafrique dont l'intéressé à la nationalité. Cette décision, qui a été prise sur le fondement de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui comportait l'indication des voies et délais de recours, a été notifiée à l'intéressé le 21 mars 2024. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux de deux mois était expiré le 3 juillet 2024, date à laquelle la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 21 mars 2024 a été enregistrée au greffe du tribunal. Dès lors, cette requête est tardive et doit être rejetée, comme manifestement irrecevable, par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Charente-Maritime.
Fait à Poitiers, le 4 juillet 2024
Le magistrat désigné
P. C
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
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