lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401704 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juillet 2024, Mme C B, représentée par Me Hay, demande au juge des référés du tribunal administratif de Poitiers :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite du 13 mai 2024 du préfet de la Vienne rejetant sa demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans l'attente du jugement au fond, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de ses frais de défense.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision préjudicie gravement à sa situation et à celle de ses enfants, qu'elle était sous récépissé l'autorisant à travailler lors de sa précédente demande de titre de séjour, ce qu'elle a fait pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses trois enfants mineurs dont l'un a la nationalité française et deux sont scolarisés ; qu'elle est hébergée chez la compagne de son cousin et ne perçoit que des aides du conseil départemental pour vivre et a fait un stage chez Géant casino et suivi une formation " découverte professionnelle " avec Pôle emploi ; qu'elle a travaillé au Futuroscope comme femme de chambre ainsi que pour la SATE 86 qui est prêt à la reprendre et l'employeur GSF Athéna lui a fait signer un CDI.
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- la requête présentée par Mme B tendant à l'annulation de la décision implicite du 13 mai 2024 du préfet de la Vienne ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante comorienne née le 18 avril 1995, déclare être entrée en France le 3 mars 2022 et avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français qui lui a été refusée par une décision notifiée le 17 juillet 2023. L'intéressée qui se serait maintenue en France a sollicité, par un courrier du 9 janvier 2024, auprès des services du préfet de la Vienne, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Une décision implicite de rejet est née le 13 mai 2024 en raison du silence gardé pendant 4 mois par le préfet de la Vienne. La requérante, qui a demandé sans succès à connaître les motifs de ce refus implicite, demande au juge des référés, d'en suspendre l'exécution.
Sur les conclusions aux fins de suspension de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour dont bénéficiait un ressortissant étranger. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Mme B soutient que la décision en litige préjudicie gravement à sa situation et à celle de sa famille alors qu'elle était sous récépissé l'autorisant à travailler lors de sa précédente demande de titre de séjour, ce qu'elle a fait pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses trois enfants mineurs dont l'un a la nationalité française et deux sont scolarisés, qu'elle est hébergée chez la compagne de son cousin et ne perçoit que des aides du conseil départemental pour vivre, qu'elle a effectué un stage chez Géant casino, suivi une formation " découverte professionnelle " avec Pôle emploi et travaillé au Futuroscope comme femme de chambre ainsi que pour la STE 86 qui est prêt à la reprendre, l'employeur GSF Athéna lui ayant fait signer un CDI.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que la requérante a fait l'objet d'une première décision de refus de titre de séjour qu'elle avait sollicité en qualité de parent d'enfant français notifiée le 17 juillet 2023 et a demandé à nouveau sa régularisation le 9 janvier 2024. Ainsi, la décision de refus implicite en litige n'a pas eu pour effet de modifier sa situation juridique et administrative. Cette même décision ne la contraint pas non plus à cesser une activité professionnelle en cours. Il en résulte que la situation de précarité financière dont se prévaut Mme B, à la supposer établie, ne résulte pas de la décision litigieuse. La requérante n'invoque par ailleurs aucune circonstance particulière de nature à caractériser, du fait de la décision contestée, un préjudice suffisamment grave et immédiat à sa situation. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme satisfaite.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse est remplie, il y a lieu de rejeter la requête de Mme B y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et à Me Hay.
Fait à Poitiers le 8 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. A
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026