jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401765 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | YARROUDH-FEURION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Yarroudh-Feurion, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté par lequel le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence, dans le département de la Vienne, pour une durée de 180 jours :
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de la durée de l'assignation à résidence prononcée à son encontre
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- l'arrêté attaqué est entaché d'illégalité compte tenu des deux dates différentes de notification qui y sont indiquées ;
- il est entaché d'un vice de forme au regard de l'identification impossible de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale, garanti par l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations des articles 6 et 13 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'arrêté du 14 février 2024 ayant été régulièrement notifié à l'intéressé le jour même, la requête est tardive ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite compte tenu du délai écoulé depuis la date de notification de l'arrêté du 14 février 2024 et du fait que M. C est défavorablement connu des services de police et de la justice ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 20 juin 2024 sous le numéro 2401642.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est un ressortissant algérien né en juillet 1994. Par un arrêté du 3 mai 2019, le préfet des Hauts-De-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée d'un an. M. C a été éloigné à destination de l'Algérie le 30 mai 2019. Il a fait l'objet de nouvelles décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour par le préfet des Pyrénées-Orientales le 27 février 2021 et le préfet de la Haute-Savoie le 17 avril 2022. Par un arrêté du 29 octobre 2023, la préfète de la Charente a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par sa requête, M. C demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 février 2024 par lequel le préfet de la Vienne l'a assigné dans le département de la Vienne pour une durée de 180 jours.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ; (). "
6. D'une part, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité et sont uniquement susceptibles de faire obstacle à l'opposition des voies et délais de recours. D'autre part, l'arrêté du 14 février 2024 a été régulièrement signé par M. D, en sa qualité de secrétaire général de la préfecture de la Vienne, et comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que, en assignant M. C dans le département pour une durée de 180 jours et en fixant ses obligations de présentation au commissariat de Poitiers les lundis, mercredis et vendredis à 8 heures alors que l'intéressé ne fait valoir aucun élément qui ferait obstacle au respect de ces obligations, le préfet de la Vienne ait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Enfin, M. C ne démontre pas avoir tissé des liens particulièrement anciens, intenses et stables en France depuis son arrivée sur le territoire. Il ne démontre ainsi pas que la décision dont la suspension est demandée porterait une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, le requérant ne fournit aucun élément probant de nature à établir la méconnaissance des stipulations des articles 6 et 113 de cette même convention. Dans ces conditions, aucun des moyens visés ci-dessus n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence ni de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet de la Vienne, que les conclusions de M. C tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 février 2024 par lequel le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence dans le département de la Vienne pour une durée de 180 jours doivent être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet de la Vienne.
Fait à Poitiers, le 18 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
R. BREJEON
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026