vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401882 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | SCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, M. B A, représenté par la SCP Breillat, Dieumegard, Masson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Charente de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et, dans cette attente, de lui délivrer, dans un délai de quinze jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son avocat au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le refus de séjour est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ; il est en outre entaché d'une inexacte application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ; elle porte en outre une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ; en outre, elle est insuffisamment motivée ; enfin, elle viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La préfète de la Charente a produit des pièces le 23 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. Henry pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henry, magistrat désigné,
- et les observations de Me Ago Simmala, représentant M. A, qui a repris les écritures de son cabinet.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant togolais né le 19 juillet 1984, est entré en France, selon ses déclarations, le 19 avril 2022. Il a ensuite déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 12 septembre 2022, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 14 février 2023. Par un arrêté du 1er juillet 2024, la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Togo comme pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'en vertu d'un arrêté de la préfète de la Charente du 15 janvier 2024, régulièrement publié, le secrétaire général de la préfecture était compétent pour signer l'arrêté attaqué.
3. En deuxième lieu, d'abord, la décision portant refus de séjour, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée, la circonstance que certaines de ces considérations seraient erronées étant sans influence sur l'appréciation du respect de l'exigence formelle de motivation. Par ailleurs, en dépit de ces erreurs, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que la préfète de la Charente ne se serait pas livrée à un examen particulier de la situation du requérant. Ensuite, si le requérant invoque, pour soutenir qu'il avait droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les persécutions qu'il aurait subies au Togo, il n'apporte aucun élément pour établir ses allégations, qui ne sont pas crédibles, comme l'ont relevé l'OFPRA puis la CNDA. Par ailleurs, ni les relations amicales du requérant sur le territoire national, ni ses activités au sein d'une association et dans sa paroisse, ni les formations qu'il a suivies, ni même tous ces éléments pris ensemble ne constituent des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que la préfète de la Charente a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui délivrant pas un titre de séjour sur le fondement de cet article. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de séjour est illégale.
4. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour. Par ailleurs, M. A est entré en France récemment et rien ne fait obstacle à ce qu'il retourne au Togo, où il a encore de nombreuses attaches, en particulier deux enfants mineurs. Dans ces conditions, les circonstances qu'il a des relations amicales en France, même à les supposer anciennes et intenses comme il le soutient, qu'il est investi dans la vie de sa paroisse et dans le fonctionnement d'une association et qu'il a suivi des formations sur le territoire national ne sauraient suffire à considérer qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, la préfète de la Charente a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre est illégale.
5. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français. En outre, la décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, partant, suffisamment motivée. Enfin, si le requérant soutient être exposé à des persécutions en cas de retour au Togo, de sorte que la décision fixant le pays de destination viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'apporte aucun élément pour établir ses allégations, qui ne sont pas crédibles, comme l'ont relevé l'OFPRA puis la CNDA. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le Togo comme pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la SCP Breillat, Dieumegard, Masson et à la préfète de la Charente.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
B. HENRY La greffière d'audience,
Signé
T.H.L. GILBERT
La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026