lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2401911 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, M. C B demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et de l'article 707 du code de procédure pénale, l'exécution de la décision d'ajout de peine de trois mois à son écrou ;
2°) d'enjoindre à l'administration pénitentiaire de procéder à sa remise en liberté définitive à la date du 23 juillet 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que sa date de libération définitive est imminente, à savoir le 23 juillet 2024 ; l'ajout ultérieur, tardif et inopiné, d'une peine supplémentaire de trois mois compromet cette libération ; cela porte une atteinte grave et immédiate à sa situation ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée ;
- en effet, elle est entachée d'une erreur matérielle grave ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure, voire d'un excès de pouvoir ;
- c'est une violation des articles 707, 723-15, 724-1, 712-4, D. 49-24 et D. 149 du code de procédure pénale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;
- le jugement du 7 décembre 2023 est entaché d'une erreur de fait et d'une violation de l'article 710 du code de procédure pénale ;
- cela porte atteinte à son droit à un procès équitable et son droit à la sécurité juridique, en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aux termes de l'article 712-1 du code de procédure pénale : " Le juge de l'application des peines et le tribunal de l'application des peines constituent les juridictions de l'application des peines du premier degré qui sont chargées, dans les conditions prévues par la loi, de fixer les principales modalités de l'exécution des peines privatives de liberté ou de certaines peines restrictives de liberté, en orientant et en contrôlant les conditions de leur application. Ces juridictions sont avisées, par les services d'insertion et de probation, des modalités de prise en charge des personnes condamnées, définies et mises en œuvre par ces services. Elles peuvent faire procéder aux modifications qu'elles jugent nécessaires au renforcement du contrôle de l'exécution de la peine. Les décisions du juge de l'application des peines et du tribunal de l'application des peines peuvent être attaquées par la voie de l'appel. L'appel est porté, selon les distinctions prévues par le présent chapitre, devant la chambre de l'application des peines de la cour d'appel, composée d'un président de chambre et de deux conseillers, ou devant le président de cette chambre. " et aux termes de l'article 712-4 de ce code : " Les mesures relevant de la compétence du juge de l'application des peines sont accordées, modifiées, ajournées, refusées, retirées ou révoquées par ordonnance ou jugement motivé de ce magistrat agissant d'office, sur la demande du condamné ou sur réquisitions du procureur de la République, selon les distinctions prévues aux articles suivants. "
3. M. B demande la suspension de la décision par laquelle sa peine d'emprisonnement a été rallongée de trois mois en application de l'arrêt de la Cour de cassation du 26 octobre 2022. En application des dispositions mentionnées au point 2, cette décision est indissociable de l'office du juge de l'application des peines. Par conséquent la demande de M. B ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. La requête de M. B doit donc être rejetée en toutes ses conclusions, en application de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.
Fait à Poitiers, le 22 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
V. A
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
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