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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2401960

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2401960

mercredi 7 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2401960
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formationétrangers JU
Avocat requérantSCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. C, ressortissant congolais, qui contestait les arrêtés du préfet de la Vienne du 18 juillet 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et l'assignant à résidence. Le tribunal a estimé que les moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Masson, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les deux arrêtés en date du 18 juillet 2024 par lesquels le préfet de la Vienne, d'une part, lui a refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et, dans cette dernière hypothèse, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou des articles 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les arrêtés attaqués sont entachés d'incompétence ;

- la décision de refus de titre de séjour n'est pas suffisamment motivée ; elle ne procède pas à un examen approfondi de sa situation personnelle ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays d'éloignement doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ; elle n'est pas suffisamment motivée ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'assignation à résidence dont il fait l'objet doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ; elle n'est pas suffisamment motivée ; elle ne procède pas à un examen approfondi de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. B pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B, assisté de Mme Gilbert, greffière d'audience,

- et les observations de Me Robiliard, substituant Me Masson, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans la requête et qui précise les circonstances dans lesquelles M. C a pris en charge un colis postal en provenance de l'étranger et contenant du cannabis.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC) né le 9 octobre 1995, est, selon ses déclarations, entré en France le 21 mai 2012 et a été placé, le lendemain, auprès du service de l'aide sociale à l'enfance (ASE) du département de la Vienne. Il a bénéficié de plusieurs cartes de séjour temporaire en qualité d'étudiant, valables du 26 décembre 2013 au 25 décembre 2016, puis de titres de séjour successifs, valables du 2 mai 2018 au 1er mai 2024, au titre de sa vie privée et familiale. Il a demandé le 25 avril 2024, le renouvellement de son dernier titre de séjour auprès de la préfecture de la Vienne. Le 17 juillet 2024, il a été interpellé et placé en garde-à-vue par les services de police de Poitiers pour des infractions relatives à la législation des stupéfiants. Par deux arrêtés en date du 18 juillet 2024, le préfet de la Vienne, d'une part, a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné et, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours. M. C demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () soit par la juridiction compétente ou son président. ". En l'espèce, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la compétence du signataire des arrêtés attaqués :

3. Par un arrêté n° 2024-SG-DCPPAT-021 du 1er juillet 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Vienne n° 86-2024-169, le préfet de la Vienne a donné délégation de signature au secrétaire général de la préfecture de la Vienne, à l'effet de signer tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Vienne, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en matière de police des étrangers. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés contestés doit être écarté.

En ce qui concerne l'arrêté portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire et fixant le pays d'éloignement :

S'agissant des moyens dirigés contre l'ensemble des décisions attaquées :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes sur lesquels l'autorité préfectorale s'est fondée et, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et les articles L. 423-23, L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision de refus de titre de séjour expose la situation administrative et personnelle de M. C ainsi que les motifs de fait et de droit pour lesquels celui-ci ne peut obtenir le renouvellement de son titre de séjour, en particulier, la circonstance que les autres de sa famille résidant en France, à savoir sa partenaire de pacte civil de solidarité (PACS) et son fils, peuvent l'accompagner en RDC et que l'intéressé est défavorablement connu des services de police pour avoir fait l'objet d'un placement en garde-à-vue pour des infractions relatives à la législation sur les stupéfiants. La motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que, comme il vient d'être dit, ce refus est lui-même motivé en droit comme en fait et que les dispositions législatives qui permettent de l'assortir d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique. La décision lui refusant un délai de départ volontaire mentionne que son comportement constitue une menace réelle et actuelle pour l'ordre public, que l'intéressé a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire français et qu'il n'a pas été en mesure de présenter un document de voyage en cours de validité. Enfin, la décision fixant le pays d'éloignement expose que M. C n'établit pas être exposé à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Il suit de là que l'arrêté attaqué, qui comporte l'exposé des motifs de droit et des circonstances de fait justifiant l'éloignement de l'intéressé, est suffisamment motivé.

5. En second lieu, il ressort de cette motivation que le préfet de la Vienne s'est livré à un examen suffisamment approfondi de la situation personnelle de l'intéressé.

S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :

6. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. Si M. C a conclu le 14 mars 2024 un PACS avec une ressortissante de RDC résidant en France, avec laquelle il a eu une fille, née à Poitiers le 13 mai 2024, il ressort des pièces du dossier que la partenaire de l'intéressé a fait l'objet, le 17 juillet 2024, d'une obligation de quitter le territoire à la suite du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile le 10 janvier 2024. Il est, par ailleurs, de l'intérêt de la fille de l'intéressé, elle aussi de nationalité congolaise, de suivre ses parents en cas de retour dans leur pays d'origine. Rien ne s'oppose donc à ce que M. C, qui ne démontre pas avoir noué en France des liens personnels et familiaux d'une particulière intensité avec d'autres personnes que les membres de sa famille, reconstitue sa cellule familiale dans son pays d'origine où, selon ses déclarations, résident encore son frère et sa mère et où il a vécu près de 17 ans avant son entrée en France. Si M. C, qui, comme il a été dit au point 1, a été placé à l'ASE depuis 2012, justifie de l'obtention d'un baccalauréat professionnel en France, dispose d'un logement et a effectué plusieurs contrats de missions temporaires d'intérim, il ressort des pièces du dossier qu'il a été interpellé et placé en garde à vue le 17 juillet 2024 dans le cadre d'une enquête pénale portant, notamment, sur des faits d'importation non autorisée de stupéfiants et de cession de ces mêmes produits stupéfiants. S'il conteste être coupable de faits qui lui sont reprochés et invoque le principe de présomption d'innocence en l'absence de condamnation pénale, les procédures pénales et administratives sont indépendantes et rien ne faisait obstacle, en l'espèce, à ce que le préfet de la Vienne prenne en considération ces faits dans le cadre de l'appréciation de ses conditions d'intégration en France. S'il fait également valoir qu'il a été laissé libre et sans contrôle judiciaire, il est constant que la procédure judiciaire dont il a fait l'objet ne s'est pas limitée à une garde-à-vue mais a donné lieu à une convocation pour une audience prévue pour se tenir devant le tribunal correctionnel de Poitiers au cours du mois de décembre 2025. Dans ces conditions, la décision de refus de renouvellement de titre de séjour opposée à M. C n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et le préfet de la Vienne n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, pas plus que celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. Dès lors qu'aucun des moyens soulevés par M. C à l'encontre de la décision portant refus de séjour n'est fondé, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de la prétendue illégalité de la décision portant refus de séjour, doit être écarté.

9. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 7.

10. La circonstance que l'obligation de quitter le territoire français attaquée fasse obstacle à ce que M. C puisse comparaître personnellement à l'audience devant le tribunal correctionnel de Poitiers au cours du mois de décembre 2025 susmentionnée, n'est pas de nature à entacher cette décision d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est loisible au requérant de s'adresser au tribunal, en vertu de l'article 410 du code de procédure pénale, pour faire valoir qu'il est dans l'impossibilité de comparaître pour une cause indépendante de sa volonté et qu'au demeurant, cette décision ne fait pas non plus obstacle à ce que M. C se fasse représenter par un conseil lors de sa convocation au tribunal correctionnel.

S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 de ce code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français () ".

12. Le préfet de la Vienne a fondé la décision de refus de délai de départ volontaire sur les dispositions des 1° et 3° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort du procès-verbal d'audition du 18 juillet 2024 que l'intéressé a déclaré sa volonté de se soustraire à une éventuelle mesure d'éloignement. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Vienne aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur les dispositions du 3° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et à supposer même que le comportement de M. C ne constituerait une menace pour l'ordre public, le préfet de la Vienne a, de toute façon, fait une exacte application des dispositions citées au point 11 en refusant un délai de départ volontaire à l'intéressé.

S'agissant de la décision fixant le pays d'éloignement :

13. En premier lieu, dès lors qu'aucun des moyens soulevés par M. C à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée par voie de conséquence de la prétendue illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

14. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

15. Si M. C soutient qu'il serait isolé en cas de retour dans son pays d'origine qu'il a quitté il y a plus de douze ans alors qu'il était encore mineur, il résulte de ce qui a été au point 7 que, non seulement il peut repartir avec sa compagne et sa fille en RDC mais en outre qu'il a encore de la famille dans son pays d'origine où il n'est aucunement menacé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence :

16. En premier lieu, dès lors qu'aucun des moyens soulevés par M. C à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé, le moyen tiré de l'illégalité de l'arrêté l'assignant à résidence par voie de conséquence de la prétendue illégalité de cette décision doit être écarté.

17. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, en particulier, l'article L. 731-1 de ce code. Il mentionne que M. C a fait l'objet d'une décision d'obligation de quitter le territoire sans délai, décrit la situation personnelle et familiale de l'intéressé et rajoute, s'agissant des perspectives raisonnables de son éloignement, que, s'il est en possession d'un passeport congolais en cours de validité, ce document ne permet pas l'exécution d'office immédiate de son obligation de quitter le territoire français, ce qui implique de prévoir l'organisation matérielle de son départ. Aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait au préfet de la Vienne de détailler l'ensemble des démarches à accomplir pour mettre à exécution l'éloignement du requérant. Par suite, cet arrêté est suffisamment motivé tant en fait qu'en droit.

18. En dernier lieu, il ressort de cette motivation que le préfet de la Vienne s'est livré à un examen suffisamment approfondi de la situation personnelle de l'intéressé.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des deux arrêtés en date du 18 juillet 2024 par lesquels le préfet de la Vienne, d'une part, a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour de M. C, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné et, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours, doivent être rejetées, de même que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 août 2024

Le magistrat désigné,

Signé

L. BLa greffière d'audience,

Signé

T.H.L. GILBERT

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

D. GERVIER

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