lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402016 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | COUSTENOBLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2024, M. D B, représenté par Me Coustenoble, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2024 par lequel la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Charente de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale pour motif exceptionnel dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à défaut de procéder à un nouvel examen de sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé en ce qu'il adopte une motivation stéréotypée sans prendre en compte une situation réelle et objective et sans faire état du contexte de violence qui l'a incité à venir chercher un refuge en France ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il apporte la preuve des risques qu'il encourt des risques en cas de retour au Nigéria et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle alors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La préfète de la Charente a produit des pièces enregistrées le 6 août 2024 et communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue en présence de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant nigérian né en août 1999, déclare avoir fui son pays pour rejoindre la France le 4 juin 2023. Il a sollicité l'asile mais sa demande a été rejetée par une décision du 15 novembre 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides. Le recours exercé contre ce refus a été rejeté le 28 mars 2024 par la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 1er juillet 2024, la préfète de la Charente a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Nigeria ou tout autre pays où il serait légalement admissible comme pays de renvoi. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté attaqué a été signé par M. Jean-Charles Jobart, secrétaire général de la préfecture de la Charente, qui a reçu délégation, par arrêté du 15 janvier 2024 de la préfète de la Charente régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n°16-2024-007 de la préfecture, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département notamment les décisions de refus de séjour, d'obligation de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
3. L'arrêté attaqué, en tant qu'il oblige M. B à quitter le territoire français, vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne expressément qu'il a été pris en application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle les démarches accomplies par M. B au titre de l'asile et précise les raisons pour lesquelles la préfète de la Charente a estimé que le requérant ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Ce même arrêté expose la situation familiale de M. B, constate que ses liens personnels et familiaux en France ne sont ni anciens, ni intenses ou stables, compte tenu notamment du fait qu'il a vécu hors de France jusqu'à l'âge de 23 ans. L'arrêté ajoute que, dans ces conditions, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale. Ces circonstances de droit et de fait sont suffisamment développées pour avoir mis utilement M. B en mesure de comprendre et de discuter les motifs de cette décision, sans constituer une motivation stéréotypée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écarté. La circonstance que la motivation, régulière, de l'arrêté attaqué ne fasse pas état des raisons et du contexte de violence qui auraient conduit le requérant à fuir son pays d'origine ne révèle pas, contrairement à ce que celui-ci fait valoir, que ces éléments n'auraient pas été pris en compte. Il en résulte que le moyen tiré d'un défaut d'examen préalable approfondi de la situation de M. B doit également être écarté.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et n'a en France aucune personne à charge. Il ne justifie pas de liens personnels particuliers en France. Son séjour en France, uniquement autorisé afin d'instruire sa demande d'asile, est récent. Dès lors, compte tenu de la durée et des conditions du séjour de M. B en France, comme des effets d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas non plus du dossier qu'il aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle de l'intéressé alors même qu'il ferait des efforts pour s'intégrer en s'investissant au sein d'associations caritatives.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
5. L'ensemble des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, opposée à M. B, ayant été écartés, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision pour demander, par voie de conséquence, l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
6. L'arrêté attaqué, en tant qu'il désigne le pays de renvoi, vise l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il fait état de la nationalité nigériane de M. B et indique que celle-ci ne justifie pas faire l'objet de menaces ni être exposée à des risques pour sa sécurité ou sa vie en cas de retour dans son pays d'origine comme en atteste la décision de l'OFPRA confirmée par la Cour nationale du droit d'asile. Il ajoute que l'intéressé n'a transmis aucun élément nouveau depuis cette décision. Ainsi, l'arrêté attaqué, en tant qu'il fixe le pays de destination, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, lesquelles ont permis au requérant de comprendre les motifs de la décision. Le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté. Il ressort de cette motivation que la préfète a bien procédé à un examen préalable de la situation de M. B au regard des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine.
7. Aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
8. M. B soutient craindre des persécutions en cas de retour dans son pays d'origine en raison de son refus de se rendre complice des exactions de membres d'une confraternité mafieuse, à la suite duquel il a été victime d'actes de violence avec intention de le tuer. Au soutien de ses allégations, le requérant verse au dossier un certificat médical du 26 janvier 2024 établi par un médecin généraliste qui mentionne la présence de cicatrices sur différentes parties du corps de M. B, ainsi que la compatibilité de son état avec les faits tels que relatés. Toutefois, ce certificat ne permet pas d'établir l'existence d'un lien entre ses blessures et les faits relatifs à l'organisation mafieuse dont il prétend avoir été victime, alors, qu'au demeurant, selon la décision de l'OFPRA du 15 janvier 2023 : " Ses déclarations ne permettent pas de tenir les faits allégués pour établis ni de regarder comme avérés les risques d'atteintes graves auxquels il se dit exposé en cas de retour dans son pays d'origine ". Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées, doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 1er juillet 2024. Le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. B entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B au profit de son conseil, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, et au préfet de la Charente.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 26 août 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. C
La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
N°2402016
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026