mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402118 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2024, Mme D C, représentée par Me Moussa, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juillet 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français pour l'intégration et l'immigration (OFII) de Poitiers lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de l'admettre au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la requête est recevable
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- il ressort de la motivation de cette décision que le directeur territorial, qui s'est borné à citer les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à s'approprier la motivation retenue par le préfet de la Vienne dans l'attestation de réexamen de la demande d'asile, n'a pas procédé à un examen individuel approfondi de sa situation personnelle ;
- la fiche d'évaluation de vulnérabilité en date du 30 juillet 2024 n'indique pas le nom et la qualité de l'agent de l'OFII qui a effectué cette évaluation ; cette fiche ne précise pas si cet agent a été formé spécifiquement pour cette évaluation conformément à l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la procédure dont elle a fait l'objet est irrégulière dès lors que la décision attaquée a été prise sans que lui soient notifiées, dans une langue qu'elle comprend, les modalités de refus des conditions matérielles d'accueil en méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation de vulnérabilité dans laquelle elle se trouve et méconnaît les articles 21 et 22 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 dès lors qu'elle a fait l'objet d'actes d'excision ;
- l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est contraire à l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- la décision de l'OFII du 30 juillet 2024 porte atteinte à l'exercice effectif de la liberté fondamentale de solliciter l'asile ;
- la décision de l'OFII du 30 juillet 2024 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
L'OFII soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. Cristille pour exercer les attributions conférées au président du tribunal par le titre 2 du livre IX de la partie législative du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Cristille, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 5 septembre 2024 à 15 heures.
- Les observations de Me Moussa en présence de Mme C, qui rappelle que cette dernière est guinéenne, issue d'une famille rigoriste, qu'elle a subi une excision dans l'enfance et a été mariée de force à l'âge de 14 ans avec un militaire ; que par la suite, elle a eu une relation extraconjugale découverte par son époux qui l'a violentée ; qu'elle a produit des preuves de ces violences physiques au moyen de certificats médicaux ; que Mme C n'avait donc que le choix de fuir la Guinée et de rejoindre la France ; que la décision de l'OFII n'est pas motivée car elle fait référence à une situation générale et non à la situation individuelle de Mme C ; qu'il n'a pas été procédé à l'examen sérieux de sa situation eu égard à la circonstance qu'aucun élément sur sa vulnérabilité soit relevé par l'agent ; que les agents de l'OFII doivent être formés et spécialisés pour réaliser l'examen, ce qui ne semble pas être le cas en l'espèce ; que les femmes comme Mme C sont vulnérables par nature ; que l'article 21 de la directive de 2013 précise que les victimes de mutilations génitales féminines sont vulnérables et que l'article 22 de cette même directive précise que les personnes vulnérables doivent bénéficier des conditions matérielles d'accueil ; que la circonstance qu'elle soit logée par une camarade est sans incidence sur l'obligation à la charge de l'OFII ; qu'enfin, elle a subi une opération chirurgicale réparatrice de son excision au CHU de Poitiers, et est suivie médicalement ce qui démontre sa vulnérabilité.
- les observations de Mme C qui signale que sa situation actuelle est précaire et qu'elle est exploitée par la personne qui l'héberge, et l'utilise comme une simple aide-ménagère.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante guinéenne née le 1er juillet 1993, déclare être entrée en France en 2021. Elle a présenté une demande d'asile le 29 novembre 2022. Par une décision du 6 février 2023, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a opposé un refus. Le 4 juillet 2024, Mme C a déposé une demande de réexamen. Le préfet de la Vienne lui a délivré une attestation de réexamen de sa demande d'asile selon la procédure accélérée, le 30 juillet 2024. Ce même jour, le directeur territorial de l'Office français pour l'intégration et l'immigration (OFII) de Poitiers a décidé de refuser à Mme C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 551-15 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme C demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, la décision attaquée est signée par M. A B, directeur territorial de la direction territoriale de l'OFII de Poitiers, qui, par décision du 4 janvier 2021, disponible sur le site internet de l'OFII, a reçu de la part du directeur général de l'OFII délégation pour signer tous actes, décisions et correspondance se rapportant aux missions dévolues à la direction de Poitiers telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'OFII qui prévoit, en son article 8, que " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est refusé à la requérante, au motif qu'elle présente une demande de réexamen d'asile. Dès lors la décision contestée qui comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. ".
5. Il ressort toutefois des pièces du dossier, que Mme C a bénéficié le 30 juillet 2024, d'un entretien afin d'évaluer sa vulnérabilité au cours duquel elle a pu exposer sa situation personnelle et familiale qui n'a pas fait apparaître de facteur particulier de vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa vulnérabilité avant le refus des conditions matérielles d'accueil doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de Mme C. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 522-2 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. ".
8. Mme C soutient qu'il n'est pas démontré que l'examen de vulnérabilité a été mené par un agent ayant reçu une formation spécifique à cette fin. Toutefois, elle ne fait état d'aucune circonstance qui conduirait à douter du fait que l'agent ayant mené cet entretien a reçu la formation spécifique mentionnée par les dispositions de l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que l'entretien d'évaluation préalable n'aurait pas été conduit par un agent qualifié ne peut qu'être écarté.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente ". Aux termes de l'article L. 551-10 du même code : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ". Aux termes de l'article R. 551-23 du même code : " Les modalités de refus ou de réouverture des conditions matérielles d'accueil sont précisées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration lors de l'offre de prise en charge dans une langue que le demandeur d'asile comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend ".
10. Mme C a signé le 30 juillet 2024, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, la fiche d'évaluation de vulnérabilité sur laquelle il est indiqué que l'entretien a été réalisé en langue française, langue qu'elle comprend sans l'aide d'un interprète. Elle a également signé, le même jour, la notice d'information pour les personnes dont la demande d'asile a été placée en procédure accélérée. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
11. En septième lieu, aux termes de l'article 20 de la même directive : " Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : / a) abandonne le lieu de résidence fixé par l'autorité compétente sans en avoir informé ladite autorité ou, si une autorisation est nécessaire à cet effet, sans l'avoir obtenue ; / ou b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national ; / ou c) a introduit une demande ultérieure telle que définie à l'article 2, point q), de la directive 2013/32/UE. / En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites. / 2. Les États membres peuvent aussi limiter les conditions matérielles d'accueil lorsqu'ils peuvent attester que le demandeur, sans raison valable, n'a pas introduit de demande de protection internationale dès qu'il pouvait raisonnablement le faire après son arrivée dans l'État membre. / 3. Les États membres peuvent limiter ou retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur a dissimulé ses ressources financières et a donc indûment bénéficié de conditions matérielles d'accueil. / () / 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. / 6. Les États membres veillent à ce que les conditions matérielles d'accueil ne soient pas retirées ou réduites avant qu'une décision soit prise conformément au paragraphe 5. ".
12. Selon l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; / 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ".
13. Il résulte des dispositions de l'article 20 de la directive 2013/33/UE que s'il est possible dans des cas exceptionnels et dûment justifiés de limiter ou retirer les conditions matérielles d'accueil à un demandeur d'asile, cela ne peut intervenir qu'après examen de la situation particulière de la personne et être motivé.
14. Contrairement à ce que soutient la requérante, les dispositions précitées de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction résultant de la loi du 26 janvier 2024, n'ont pas par elles-mêmes pour objet et ne saurait avoir pour effet de créer des cas de refus de plein droit des conditions matérielles d'accueil sans appréciation des circonstances particulières. Il ressort au contraire des dispositions précitées, qui rappellent que le refus total ou partiel des conditions matérielles d'accueil doit être déterminé dans le respect des conditions fixées à l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, et éclairées par les débats parlementaires à l'issue desquels elles ont été adoptées, que le législateur a entendu prévoir, pour chaque hypothèse de refus des conditions matérielles d'accueil, la possibilité pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'y procéder totalement ou partiellement, en procédant au cas par cas et en tenant ainsi compte de la situation particulière du demandeur d'asile, et notamment sa vulnérabilité. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que ces dispositions consacreraient des cas de refus automatique des conditions matérielles d'accueil, en méconnaissance des dispositions de la directive 2013/33/UE, doit être écarté.
15. En huitième lieu, si Mme C soutient que la décision de l'OFII est contraire aux articles 20 et 21 de la directive 2013/33/UE, elle ne peut toutefois se prévaloir de cette directive à l'appui de son recours, dès lors que l'État a pris les mesures de transposition nécessaires en introduisant ces dispositions dans le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par l'OFII de la directive 2013/33/UE ne peut qu'être écarté.
16. En neuvième lieu, Mme C soutient qu'elle se trouve dans une situation de vulnérabilité compte tenu de ses problèmes de santé qui sont consécutifs à l'excision qu'elle a subie dans l'enfance. Elle produit à ce titre un compte rendu opératoire de chirurgie reconstructrice et un certificat médical d'un médecin généraliste daté du 2 juillet 2024. Toutefois, ces éléments sont insuffisants alors qu'il ressort des pièces que son état de santé nécessite uniquement un suivi médical disponible en médecine de ville, pour justifier d'une situation de vulnérabilité particulière. Si elle évoque qu'elle est contrainte de vivre sans ressources chez une amie qui la fait travailler comme personne à tout faire, elle ne produit aucune pièce de nature à établir la réalité de cette situation dont elle se prévaut. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'atteinte excessive à l'exercice de la liberté fondamentale de solliciter l'asile doivent être écartés.
17. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de Mme C doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point précédent.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par
Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Poitiers, le 10 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. CRISTILLELa greffière d'audience,
Signé
T.H.L. GILBERT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
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