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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402119

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402119

mardi 6 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402119
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du préfet de la Vienne refusant à M. A, ressortissant sénégalais, un titre de séjour pour vie privée et familiale et le renouvellement de son titre d’étudiant. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, tirés notamment de la méconnaissance de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d’urgence n’a pas été examinée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 août 2024, M. B A, représenté par Me Bonnet, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du préfet de la Vienne en date du 13 juin 2023 en tant que celui-ci lui refuse la délivrance d'un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale ainsi que le renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence posée par les dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1

du code de justice administrative est présumée satisfaite dès lors que le préfet de la Vienne lui refuse le renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant ; en toute hypothèse, la décision contestée l'empêche de continuer ses études et son travail ;

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont il demande la suspension ; le préfet de la Vienne a méconnu l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 en ce que ses études présentent un caractère réel et sérieux et en ce qu'il dispose de moyens d'existence suffisants ; la décision contestée porte également une atteinte disproportionnée au respect de son droit à la vie privée et familiale dès lors que l'un de ses frères réside à Poitiers, que trois autres de ses frères résident en Italie et qu'il est bien intégré en France où il pratique des activités de bénévolat.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 5 août 2024 sous le n° 2402121 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention franco-sénégalaise relative à la circulation et au séjour des personnes signée à Dakar le 1er août 1995 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. Campoy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de la Vienne en date du 13 juin 2023 en tant que celui-ci lui refuse la délivrance d'un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale ainsi que le renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. A et visés ci-dessus n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée. Dans ces conditions, et sans même qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par M. A ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée àBr A.

Copie en sera transmise au préfet de la Vienne.

Fait à Poitiers, le 6 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

L. Campoy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

D. GERVIER

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