LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402138

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402138

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402138
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLE FOYER DE COSTIL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du 1er juillet 2024 par laquelle le président de la commission de l'académie de Poitiers a refusé l'autorisation d'instruire leur fille dans la famille. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car les requérants n'ont pas justifié d'une situation d'urgence particulière nécessitant une suspension avant le jugement au fond. La décision s'appuie sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de l'éducation relatives à l'instruction en famille.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 août 2024, M. et Mme D et E C, représentés par Me Fouret et Me Le Foyer de Costil, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision en date du 1er juillet 2024 par laquelle le président de la commission de l'académie de Poitiers a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont formé, sur le fondement des dispositions de l'article D. 131-11-10 du code de l'éducation, contre la décision en date du 16 mai 2024 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) de la Charente-Maritime a refusé de leur délivrer l'autorisation d'instruire leur fille B dans la famille.

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Poitiers de leur délivrer l'autorisation provisoire d'instruire leur fille B dans la famille en application des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ou, à défaut, de réexaminer leur demande ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence posée par les dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1

du code de justice administrative est satisfaite dès lors, d'une part, que la décision contestée les oblige à inscrire leur fille dans un établissement public ou privé d'ici la rentrée scolaire de septembre 2024, d'autre part, que cette inscription va entraîner, pour leur fille, une discontinuité pédagogique, et, enfin, que la scolarité au niveau du cours moyen première année pour une enfant ayant été instruite les trois dernières années en famille s'avère difficile sur un plan social et modifiera son cercle social actuel, ce qui préjudiciera à sa sociabilisation ; aucun intérêt public ne s'oppose, par ailleurs, à une instruction en famille ;

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont ils demandent la suspension de l'exécution ; la commission de l'académie de Poitiers n'était pas composée conformément à l'article D. 131-11-1 du code de l'éducation ; cette commission a commis une erreur de droit en estimant qu'ils ne justifiaient pas d'une situation propre à l'enfant au sens et pour l'application des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation dès lors que leur projet éducatif est développé, qu'il comporte les éléments essentiels de leur pédagogie et que ce projet est en lien direct avec la situation de l'enfant telle que décrite dans ce projet éducatif de manière suffisamment étayée, sans que l'administration, qui doit se borner à contrôler l'adaptation du projet à la situation propre de l'enfant, telle qu'ils l'ont décrite, puisse légalement contrôler l'appréciation de cette situation propre à l'enfant ; la décision attaquée méconnaît l'article 3-1 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant en ce que la scolarisation à l'école publique ou privée de leur fille, qui est instruite en famille depuis 3 ans et souhaite le rester, entraînera une discontinuité pédagogique et préjudiciera à sa sociabilisation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 6 août 2024 sous le n° 2402137 par laquelle M. et Mme C demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Campoy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme D et E C ont demandé le 2 mai 2024 au directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) de la Charente-Maritime l'autorisation d'instruire leur fille B, née le 25 juin 2015, dans la famille sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation. Leur demande a été rejetée le 16 mai 2024 au motif que les arguments exposés par les intéressés dans leur projet pédagogique, à savoir, l'hypersensibilité de leur fille, qui ne supporterait pas le bruit, ni l'agitation autour d'elle, son incapacité à gérer ses émotions, ses peurs et ses colères ainsi que ses migraines, ne permettaient pas, faute d'avoir été constatés par un médecin, de s'assurer que les soins et traitements que nécessite leur enfant, seraient incompatibles avec une scolarité dans un établissement scolaire. Par une décision en date du 1er juillet 2024, le président de la commission de l'académie de Poitiers a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par M. et Mme C contre la décision du DASEN de la Charente-Maritime au motif que la situation propre à la fille des requérants n'était pas établie. Les requérants demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision de la commission de l'académie de Poitiers.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de la situation d'urgence qu'ils invoquent, les requérants soutiennent que la décision contestée, qui les oblige à inscrire leur enfant dans un établissement public ou privé d'ici la rentrée scolaire de septembre 2024, implique pour ce dernier une discontinuité pédagogique et que la scolarité au niveau du cours moyen première année pour une enfant ayant été instruite les trois dernières années en famille s'avère difficile sur un plan social et modifiera son cercle social actuel, ce qui préjudiciera à sa sociabilisation.

5. En premier lieu, le court délai séparant la saisine du juge des référés de l'obligation pour les requérants de trouver un établissement et d'y organiser la rentrée de leur fille leur est entièrement imputable dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que ceux-ci ont été prévenus dès le 16 mai 2024 du refus de leur demande et qu'ils disposaient, dans ces conditions, d'un délai suffisant pour prendre toutes dispositions nécessaires en temps utile.

6. En deuxième lieu, M. et Mme C n'établissent pas en quoi la " discontinuité pédagogique " dont ils font état et dont ils ne détaillent d'ailleurs pas réellement la nature, caractériserait une situation d'urgence s'opposant à ce qu'à la rentrée de septembre 2024, leur fille soit scolarisée dans un établissement d'enseignement public ou privé, lequel est, en principe, parfaitement en mesure d'adapter ses méthodes pédagogiques au profil particulier de certains de ses élèves.

7. En dernier lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la scolarisation de la fille A et Mme C dans un établissement scolaire aurait pour effet de modifier son cercle social actuel. Bien au contraire, une telle scolarisation aura précisément pour effet d'élargir le cercle des relations de leur fille. Par ailleurs et s'il ressort du projet éducatif présenté par M. et Mme C que ceux-ci ont entendu justifier l'instruction en famille de leur fille par l'hypersensibilité de cette dernière, sa déstabilisation dans un groupe qui est susceptible d'entraîner pleurs et colère, sa difficulté à se lever à 7h00 du matin et des souffrances liées à la fatigue, parfois accompagnés de migraines en journée et de cauchemars violents la nuit, outre que ces éléments ne sont assortis d'aucun élément justificatif devant le juge des référés, ils ne sauraient, de toute façon, caractériser une situation d'urgence de nature à faire obstacle à la scolarisation, à compter du début du mois de septembre 2024, de leur fille dans un établissement d'enseignement public ou privé, lequel est, là encore, en mesure de prendre en compte de telles considérations générales et extrêmement fréquentes chez de jeunes enfants.

8. Dans ces conditions, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie. Dès lors, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par M. et Mme C ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme D et E C.

Copie en sera transmise à la rectrice de l'académie de Poitiers.

Fait à Poitiers, le 8 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

L. CAMPOY

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions