lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | GOMEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 août 2024, Mme A E, représentée par Me Gomez, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2024 par lequel le préfet de la Gironde a décidé son transfert aux autorités portugaises pour l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'administration d'instruire sa demande d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- elle n'a pas été informée en portugais des principaux éléments de l'arrêté attaqué, notamment des voies et délais de recours, en méconnaissance des dispositions du 3 de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit en ce qu'il décide son transfert aux autorités portugaises en se fondant sur la consultation de VISABIO et l'accord des autorités portugaises pour sa prise en charge ;
- la décision de transfert a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 août 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Poitiers.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride (refonte) ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des Etats membres par un ressortissant d'un pays tiers ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Gomez, représentant Mme E, qui a conclu aux mêmes fins que la requête et renoncé au moyen tiré du défaut d'information, et fait valoir en outre que la procédure de transfert est entachée d'irrégularité en ce qu'elle ne prend pas en compte l'enfant née le 7 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 août 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Poitiers. Par suite, il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la légalité de la décision de transfert :
2. Aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. Cette décision est notifiée à l'intéressé. Elle mentionne les voies et délais de recours ainsi que le droit d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix. Lorsque l'intéressé n'est pas assisté d'un conseil, les principaux éléments de la décision lui sont communiqués dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend " et aux termes de l'article L. 571-1 du même code : " () Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat. ".
3. Mme E, ressortissante angolaise née le 26 septembre 1988, a déposé le 24 janvier 2024 une demande d'admission au séjour au titre de l'asile en France. Une consultation de VISABIO ayant mis en évidence qu'elle est titulaire d'un passeport valable du 24 août 2021 au 24 août 2033 revêtu d'un visa valable du 15 novembre au 29 décembre 2023 délivré par les autorités portugaises périmé depuis moins de six mois, le préfet de la Vienne a saisi le 8 mars 2024 les autorités portugaises d'une demande de prise en charge en application de l'article 12-4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Les autorités portugaises ayant accepté expressément la prise en charge de Mme E le 17 avril 2024 en application de l'article 12-4 du même règlement, le préfet de la Gironde a pris à son encontre le 24 juillet 2024 la décision de transfert litigieuse.
4. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il ressort des pièces du dossier que la consultation de VISABIO a mis en évidence que Mme E est titulaire d'un passeport valable du 24 août 2021 au 24 août 2033 revêtu d'un visa valable du 15 novembre au 29 décembre 2023 délivré par les autorités portugaises périmé depuis moins de six mois, que le préfet de la Vienne a saisi le 8 mars 2024 les autorités portugaises d'une demande de prise en charge en application de l'article 12-4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et que les autorités portugaises ont accepté expressément la prise en charge de Mme E le 17 avril 2024 en application de l'article 12-4 du même règlement. Par suite, en décidant le transfert de Mme E par l'arrêté attaqué à l'issue de cette procédure, le préfet de la Gironde a fait une exacte application des articles 7-2 et 12-4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 20 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () 3. Aux fins du présent règlement, la situation du mineur qui accompagne le demandeur et répond à la définition de membre de la famille est indissociable de celle du membre de sa famille et relève de la responsabilité de l'État membre responsable de l'examen de la demande de protection internationale dudit membre de la famille, même si le mineur n'est pas à titre individuel un demandeur, à condition que ce soit dans l'intérêt supérieur du mineur. Le même traitement est appliqué aux enfants nés après l'arrivée du demandeur sur le territoire, sans qu'il soit nécessaire d'entamer pour eux une nouvelle procédure de prise en charge. () ".
6. Il résulte des dispositions précitées de l'article 20 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que la situation de l'enfant mise au monde le 7 juillet 2024 sur le sol français par Mme E, pour laquelle aucune demande de protection internationale n'a été déposée, est indissociable de celle de sa mère, et relève de la responsabilité des autorités espagnoles, responsables de l'examen de la demande de protection internationale de la requérante, sans qu'il soit nécessaire d'entamer une nouvelle procédure de prise en charge. Par suite, l'arrêté attaqué n'est entaché d'aucune erreur de droit ou irrégularité de procédure.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
8. Mme E fait valoir que du fait du suivi médical rendu nécessaire par la naissance prématurée de sa fille D, la mesure litigieuse serait contraire à l'intérêt supérieur de celle-ci. Toutefois, si elle justifie de la naissance prématurée de sa fille, le 7 juillet 2024, et de son hospitalisation après sa nnaissance jusqu'au 16 du même mois, il résulte des documents produits par la requérante que les suites des couches ont été sans particularité, qu'elle n'a bénéficié depuis de rendez-vous que le 26 juillet avec une sage-femme et le 30 juillet en hôpital de jour pour surveiller la pesée et qu'elle dispose d'une convocation en date du 8 août pour une consultation avec une sage-femme le 9 septembre. Il n'est pas ainsi établi que son enfant ne pourrait voyager du fait de soins ou qu'elle ne pourrait pas faire l'objet d'une prise en charge appropriée au Portugal. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2024 par lequel le préfet de la Gironde a décidé son transfert aux autorités portugaises pour l'examen de sa demande d'asile. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, ainsi que celles tendant au bénéfice par son conseil des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire Mme E.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, au préfet de la Gironde et à Me Gomez.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2024.
Le président,
Signé
A. CLa greffière,
Signé
T.H.L. GILBERT
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026