mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCPA GAND-PASCOT-PENOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 août 2024, un mémoire et des pièces du 30 août 2024, M. A, représenté par Me Duclos, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 25 juillet 2024 par laquelle l'université de Poitiers a pris à son encontre une sanction disciplinaire d'exclusion de l'université d'un an et six mois avec sursis ;
3°) d'enjoindre à la présidente de l'université de Poitiers de le réintégrer dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de procéder à l'effacement de la sanction disciplinaire ;
4°) de mettre à la charge de l'université de Poitiers une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'atteinte grave que porte la décision attaquée à sa situation, elle l'empêche de s'inscrire dans un établissement d'enseignement supérieur pour l'année à venir et elle met fin à sa mobilité internationale, puisqu'elle le prive de visa étudiant ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en raison d'irrégularités de procédure et de la disproportion de la sanction au regard des faits reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, l'université de Poitiers représentée par Me Gand conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 août 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 12 août 2024 sous le numéro 2402184 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision 25 juillet 2024.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les observations de Me Lelong, représentant le requérant, qui a repris ses écritures et soulève un moyen nouveau tiré de l'irrégularité de la procédure tiré de l'absence
- les observation de Me Gand, représentant l'université de Poitiers
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été différée au vendredi 30 août 2024 à 18h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est étudiant auprès de l'université de Poitiers. Le 29 mars 2024, il a été informé qu'une procédure disciplinaire était ouverte à son encontre, dans le cadre de laquelle il a été entendu le 14 mai 2024. Le 2 juillet 2024, il a été convoqué devant l'instance disciplinaire le 17 juillet. Par une décision du 25 juillet 2024 le président du conseil de discipline l'a sanctionné d'une exclusion d'un an ferme et six mois avec sursis de l'université de Poitiers. M. A demande la suspension de cette décision.
2. M. A ayant été admis à l'aide juridictionnelle, il n'y a plus lieu de se prononcer sur le bénéfice de celle-ci à titre provisoire.
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence, que les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 25 juillet 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais du litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et à l'université de Poitiers.
Fait à Poitiers, le 3 septembre 2024.
La juge des référés,
Signé
J. B
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
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