LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402224

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402224

jeudi 13 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402224
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers (2ème chambre) a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante marocaine, qui demandait l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) prise par le préfet de la Vienne le 12 juin 2024. Le tribunal a jugé que si le préfet avait commis une erreur de fait en estimant que Mme B... n'avait pas validé son master 1, le motif tiré de l'absence de visa de long séjour suffisait à fonder légalement le refus de titre de séjour étudiant, en application de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. Cependant, le tribunal a annulé l'OQTF en raison d'une erreur manifeste d'appréciation, considérant que la mesure d'éloignement, prise en juin 2024, empêchait l'intéressée de terminer son stage obligatoire de master 2 et de valider son année universitaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 août 2024, 12 août 2024, 20 août 2024, 16 septembre 2024, 19 février 2025 et 16 octobre 2025, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 12 juin 2024 par lequel le préfet de la Vienne l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Elle soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d’une erreur de fait dès lors qu’elle a bien validé son master 1 ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation eu égard au caractère réel et sérieux de ses études ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d’emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de M. Jarrige a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. Mme A... B..., ressortissante marocaine née le 9 novembre 2001, est entrée régulièrement sur le territoire français le 26 mai 2023, sous couvert d’un visa de court séjour. Le 31 juillet 2023, elle a sollicité la délivrance d’un titre de séjour en qualité d’étudiante. Par un arrêté du 12 juin 2024, le préfet de la Vienne a rejeté sa demande, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle était susceptible d’être éloignée à l’expiration de ce délai et l’a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d’un an. Mme B... demande l’annulation de la seule obligation de quitter le territoire français.

2. En premier lieu, aux termes de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui établit qu’il suit un enseignement en France ou qu’il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d’existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d’une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l’étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l’âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l’autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d’une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1. (…) ». Par ailleurs, aux termes de l’article L. 412-1 du même code : « Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ». Enfin, aux termes de l’article 9 de l’accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : « Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. Au cas où des titres de séjour ou de travail d'une durée plus longue que celle prévue par le présent Accord seraient accordés, par l'un des deux Etats, aux ressortissants d'un Etat tiers, ces dispositions s'appliqueront de plein droit aux ressortissants de l'autre partie. Ces dispositions ne concernent pas le régime spécifique établi dans le cadre des communautés européennes ».

3. Pour refuser la délivrance d’un titre de séjour étudiant à Mme B..., le préfet de la Vienne lui a opposé qu’inscrite en master 1 management et commerce international à l’université de Poitiers au cours de l’année universitaire 2022/2023, elle a échoué à l’issue de cette année et qu’entrée sur le territoire français sous couvert d’un visa de court séjour, elle n’était pas titulaire d’un visa de long séjour. S’il ressort des pièces du dossier que Mme B... a bien obtenu son diplôme de master 1 management et commerce international à l’issue de l’année universitaire 2022/2023, qui lui a été délivré le 10 novembre 2023, et a ainsi été admise à être inscrite en master 2 commerce international à l’université de Poitiers pour l’année universitaire 2023/2024, elle ne justifie ni avoir été détentrice d’un visa de long séjour, ni avoir suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans à la date de l’arrêté attaqué. Si c’est donc à tort que le préfet de la Vienne lui a opposé la circonstance qu’elle ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études, il résulte de l’instruction que le préfet de la Vienne aurait pris la même décision s’il n’avait retenu que le motif tiré de ce qu’elle n’était pas titulaire d’un visa de long séjour, lequel suffisait à la fonder légalement. Par suite, Mme B... n’est pas fondée à exciper à l’encontre de l’obligation de quitter le territoire français de l’illégalité de la décision lui refusant la délivrance d’une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ".

4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la mesure d’éloignement prise à l’encontre Mme B... le 12 juin 2024 l’empêche de mener à son terme son stage obligatoire de master 2 qui doit s’achever le 9 août 2024 et de valider ainsi son année, alors que l’intéressée est entrée régulièrement sur le sol français le 26 mai 2023 pour préparer ses examens du second semestre, a sollicité la délivrance d’un titre de séjour après sa préadmission en master 2 et a poursuivi sa scolarité en master 2 sous des récépissés jusqu’à la date de l’arrêté attaqué. Dans ces conditions, Mme B... est fondée à soutenir qu’en lui faisant obligation de quitter le territoire français le 12 juin 2024, le préfet de la Vienne a entaché sa décision d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

5. Il résulte de ce qui précède que l’arrêté du 12 juin 2024 du préfet de la Vienne doit être annulé en tant qu’il oblige Mme B... à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.



D E C I D E :

Article 1er : La décision du 12 juin 2024 du préfet de la Vienne portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours est annulée.














Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet de la Vienne.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.



Délibéré après l'audience du 22 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Jarrige, président,
M. Cristille, vice-président,
Mme Le Bris, vice-présidente.


Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 novembre 2025.


Le président rapporteur,
Signé
JARRIGE
L’assesseur le plus ancien,
Signé
P. CRISTILLE



La greffière,


Signé


D. MADRANGE



La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,


Signé

D. MADRANGE

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions