vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | DONZEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 août 2024, M. C, représenté par Me Donzel, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler les décisions du 9 août 2024 par lesquelles la préfète des Deux-Sèvres lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- s'agissant de la décision portant refus de séjour, " il est demandé au Tribunal de constater que la préfète des Deux-Sèvres a commis plusieurs erreurs matérielles en souhaitant, par exemple, qu'il soit fait application des dispositions de l'accord franco-tunisien s'agissant de la situation du requérant qui est de nationalité malienne " ; en outre, cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article de L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire enregistré le 4 septembre 2024, la préfète des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. A pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malien né le 10 juin 2006, est entré seul en France en août 2021, alors qu'il était mineur. Par un jugement du juge des enfants du tribunal judiciaire de Niort du 20 octobre 2021, rectifié par une ordonnance du 22 novembre 2021, il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département des Deux-Sèvres. Par un courrier du 25 juin 2024, il a sollicité de la préfète des Deux-Sèvres la délivrance d'un titre de séjour. Par une décision du 9 août 2024, la préfète des Deux-Sèvres l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an. Compte tenu de ses termes, cette décision doit en outre, comme le soutient le requérant, être regardée comme rejetant sa demande de titre de séjour formée en juin 2024. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions. L'intéressé ayant été assigné à résidence par une décision, non contestée, du 9 août 2024, la requête relève de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2. À titre liminaire, il y a lieu, compte tenu de l'urgence, d'admettre provisoirement M. B à l'aide juridictionnelle.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le moyen tiré de ce que l'auteur des décisions attaquées ne disposait pas d'une délégation de signature manque en fait.
4. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que " la préfète des Deux-Sèvres a commis plusieurs erreurs matérielles en souhaitant, par exemple, qu'il soit fait application des dispositions de l'accord franco-tunisien s'agissant de la situation du requérant qui est de nationalité malienne " n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé et la portée.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étranger et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été confié à l'aide sociale à l'enfance avant ses seize ans et est donc susceptible de bénéficier des dispositions citées au point précédent. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que M. B a interrompu le CAP chaudronnerie qu'il avait commencé en septembre 2022. S'il produit un contrat d'apprentissage, signé le 12 juin 2024 et devant débuter le 1er septembre 2024, la partie de ce contrat relative à l'établissement dans lequel doit être délivrée la formation n'est pas remplie, tout comme le cadre réservé à l'organisme en charge du dépôt du contrat, et le requérant n'a pas contredit les énonciations du mémoire en défense selon lesquelles il n'a pas débuté cette formation en apprentissage. Par ailleurs, M. B est défavorablement connu de la justice et de la police. En effet, il a été condamné par le juge des enfants le 9 janvier 2024 à une mesure éducative de dix-huit mois pour participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens, puis a été interpellé le 31 août 2024 en possession d'une arme blanche, à la suite d'une rixe à laquelle il a pris part. Enfin, M. B dispose, dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de quinze ans, de l'essentiel de sa famille, notamment ses parents, et il ressort de l'évaluation sociale faite par la Croix-Rouge française le 31 août 2021 que l'intéressé a déclaré être souvent en contact avec ses parents. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la préfète des Deux-Sèvres n'a pas commis d'erreur d'appréciation en rejetant la demande de titre de séjour déposée par M. B.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 août 2024 par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Il n'est donc pas davantage fondé à demander l'annulation par voie de conséquence des décisions du même jour l'obligeant à quitter le territoire français et lui interdisant de revenir sur le territoire pendant un an. Ses conclusions à fin d'annulation doivent donc être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Donzel et à la préfète des Deux-Sèvres.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
B. A La greffière d'audience,
Signé
T.H.L. GILBERT
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026