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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402330

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402330

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402330
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. B, qui demandait l’annulation d’un procès-verbal de police et la sanction des responsables de dysfonctionnements lors de sa garde à vue. Le tribunal a jugé que le procès-verbal, établi dans le cadre d’une procédure pénale, relevait de la compétence exclusive du juge judiciaire, et non de la juridiction administrative. Les conclusions à fin de sanction ont été déclarées manifestement irrecevables, car le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions en annulation ou indemnitaires. La décision s’appuie sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 août 2024, M. C B demande au tribunal :

1°) d'annuler ou de rectifier le procès-verbal dressé par le brigadier A le 23 décembre 2021 dans le cadre de la garde à vue dont il a fait l'objet ;

2°) de sanctionner les responsables des dysfonctionnements dont il estime avoir été victime dans le cadre de cette procédure.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il n'appartient qu'au juge judiciaire de connaître des actes relatifs à la conduite d'une procédure judiciaire ou qui en sont inséparables. En l'espèce, M. B demande au tribunal d'annuler ou de rectifier un procès-verbal qui a été dressé par un brigadier de la police nationale, en faisant valoir que celui-ci y a délibérément porté de fausses informations. Or, il résulte de l'instruction que cet acte a été établi le 23 décembre 2021, dans le cadre de la garde à vue dont a fait l'objet M. B, qui était prévenu d'avoir commis des violences volontaires sur un avocat. Le procès-verbal contesté ayant été établi dans le cadre d'une procédure pénale, la demande de M. B relève de la compétence de la juridiction judiciaire. Dans ces conditions, ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur les conclusions à fin de sanction :

3. M. B demande également au tribunal de sanctionner les responsables des dysfonctionnements dont il estime avoir été victime dans le cadre de la procédure pénale dont il a fait l'objet. Toutefois, le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires, lorsque la responsabilité de l'administration est engagée. Dès lors ces conclusions sont manifestement irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Les conclusions de M. B sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître et comme irrecevables.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Fait à Poitiers, le 17 septembre 2024.

La présidente,

Signé

I. LE BRIS

La République mande et ordonne au préfet des Deux-Sèvres, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

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