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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402331

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402331

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402331
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision de redoublement de Mme B en première année de BTS. La requérante invoquait notamment l’absence de motivation et des difficultés d’adaptation, mais n’a pas justifié de l’urgence nécessaire au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Aucun moyen soulevé n’a permis d’établir une atteinte grave et immédiate à sa situation. La requête a donc été rejetée sans instruction ni audience, conformément à l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 août 2024, Mme A B demande au juge des référés de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 18 juin 2024 par laquelle la commission de l'académie de Poitiers a rejeté son recours contre la décision de redoublement de sa première année de BTS " Analyse et contrôle " au Lycée Renée Josué Valin à La Rochelle.

Elle soutient que :

- la décision n'est pas motivée ;

- s'il est certain que ses résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, elle apprécie cette formation et elle a été mise en difficulté par son adaptation à la vie d'étudiante dans une nouvelle ville ;

- le programme de première année de BTS va changer l'année prochaine ;

- la location d'un appartement pour ses études implique des efforts financiers ;

- elle a obtenu un stage à l'INRAE et le passage en seconde année de BTS lui permettrait de poursuivre en deuxième période de stage.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 18 juin 2024 par laquelle la commission de l'académie de la Vienne a rejeté son recours contre la décision de redoublement de sa première année de BTS " Analyse et contrôle " au Lycée Renée Josué Valin à La Rochelle.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Aucun des moyens susvisés invoqués par la requérante, qui ne sont au demeurant justifiés par aucune pièce, ne permet d'établir que la condition d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à suspendre l'exécution de la décision en litige soit remplie.

5. Il résulte de tout ce qui précède que, la requête de Mme B doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Poitiers.

Fait à Poitiers, le 5 septembre 2024

La juge des référés,

Signé

J. C

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

N. COLLET

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