jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402365 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DEVILLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés les 30 août et 9 et 17 septembre 2024, M. C D, représenté par Me Devillard, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du jury de l'université de Poitiers du 25 juin 2024 prononçant son ajournement au second semestre de sa deuxième année du DEUG STAPS Management du sport, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre au président de l'université de Poitiers de l'autoriser à s'inscrire en troisième année de licence STAPS Management du sport et de lui délivrer son DEUG dans un délai de sept jours à compter de la décision à intervenir.
M. D soutient que :
- la condition d'urgence est remplie car il ne peut pas s'inscrire en troisième année de licence du fait de la décision contestée d'ajournement, alors que, compte tenu de sa moyenne générale de 12,55/20, il a les bases requises pour poursuivre son cursus dans l'année supérieure ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité des décisions prises à son encontre pour les motifs suivants :
- les pièces produites par l'administration ne permettent pas de justifier de la compétence du jury qui a délibéré pour adopter la décision contestée car elles ne sont pas signées ;
- les décisions contestées ne sont pas motivées ;
- son ajournement est dépourvu de base légale car le principe et les modalités du système de " compétences bloquantes " n'a pas été adopté régulièrement, et ne lui est donc pas opposable ; en outre, les documents qui y font référence ne mentionnent pas que les gestes demandés doivent être réalisés dans un temps limité ;
- son ajournement est entaché d'une rupture d'égalité car, lors de la séance de rattrapage, les deux professeurs qui ont évalué la compétence n'ont pas appliqué les mêmes modalités dans le chronométrage de l'épreuve ;
- l'information sur la tenue de la séance de rattrapage ne lui a pas été communiquée au moins deux semaine avant la date prévue mais seulement la veille, en méconnaissance de l'article 3.5 de la charte des examens 2023-2024 ;
- le jury a méconnu sa compétence et entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard de l'ensemble de ses résultats et des formations qu'il a pu accomplir en dehors de son cursus dans le domaine de la sécurité et du secours aux personnes.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2024, la présidente de l'université de Poitiers conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que le requérant avait connaissance depuis le début de l'année du système des " compétences bloquantes " et qu'il ne tenait qu'à lui de s'y préparer au mieux ;
- il n'existe pas de doute quant à la légalité des décisions contestées pour les motifs suivants :
- la composition du jury pour la deuxième année de licence STAPS 2023-2024 a été fixée par un arrêté de la présidente de l'université du 30 octobre 2023 ;
- la délibération du 20 juin 2024, qui comporte l'ensemble des notes obtenues par le requérant, est suffisamment motivée ;
- le règlement des examens de l'UFR STAPS pour l'année 2023-2024 a été publié au recueil des actes administratifs de l'université, et l'annexe à ce règlement expose les modalités de contrôle des connaissances et des compétences demandées ;
- la deuxième séance d'examen organisée le 6 février 2024 ne constituait pas une session de rattrapage, qui n'était pas obligatoire s'agissant d'une épreuve de contrôle continu, mais une seconde chance donnée aux étudiants ;
- il est constant que M. D a pu se présenter à cette séance et qu'il a échoué à valider la compétence demandée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 août 2024 sous le numéro 2402364 par laquelle M. D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Bris, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gibault, greffière d'audience, Mme Le Bris a lu son rapport et entendu :
- Me Devillard, représentant M. D, qui reprend l'ensemble de ses moyens et soutient en outre que le requérant a dû se réinscrire en deuxième année pour valider une seule compétence sur le premier semestre ; que, compte tenu de l'imprécision des modalités de contrôle de la compétence, la notation était en pratique laissée à l'appréciation des professeurs ; que la note qui lui a été attribuée est entachée d'erreur d'appréciation car il a été en mesure de réaliser tous les gestes demandées, même s'il a dépassé le temps imparti ; que le principe des compétences bloquantes méconnaît la charte des examens, qui prévoit qu'il ne doit pas y avoir de notes éliminatoires.
- et Mme A B, représentant l'université de Poitiers, qui persiste dans ses moyens de défense et fait valoir en outre qu'il suffit que trois membres du jury soient présents pour que celui-ci puisse délibérer valablement ; que le règlement de l'UFR STAPS peut compléter la charte des examens adoptée par l'université ; que le jury délibère en prenant en compte les éléments de l'année universitaire et non les activités annexes de l'étudiant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du jury de l'université de Poitiers prise le 19 juin 2024 prononçant son ajournement au second semestre de sa deuxième année du DEUG STAPS Management du sport, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Sur la condition tenant à l'urgence
3. Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il résulte de l'instruction que la décision en litige d'ajournement a pour conséquence d'obliger le requérant à redoubler, et donc à poursuivre une année d'études supplémentaire à la seule fin de valider un unique bloc de compétence sur un semestre, alors que l'intéressé a obtenu 12,55/20 de moyenne générale sur l'ensemble de sa deuxième année. Dans ces circonstances, la condition d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme satisfaite.
Sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux
5. L'article 4.2 de la Charte des examens de l'université de Poitiers, adoptée le 6 juillet 2023, prévoit, en ce qui concerne la validation du diplôme en filière de licence générale " Les notes des UE d'un même semestre, affectées de leurs coefficients respectifs, se compensent entre elles, sans note éliminatoire (compensation semestrielle). / La compensation s'opère à l'intérieur d'une UE, sans note éliminatoire et préalablement à la deuxième session d'examens. ". Par ailleurs, le règlement des examens de l'UFR STAPS - Licences générales, adopté pour l'année universitaire 2023-2024, prévoit en préambule " Ce règlement est une déclinaison de la Charte des examens en vigueur à l'université de Poitiers ".
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le principe de la " compétence bloquante " prévu par le règlement des examens de l'UFR STAPS, qui a conduit à l'ajournement de M. D alors même que les notes qu'il avait obtenus pour l'ensemble des UE du semestre aurait dû lui permettre d'être admis par le biais de la compensation, est contraire au principe prévu par la Charte des examens selon lequel les notes éliminatoires sont exclues, est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision d'ajournement contestée.
7. Il résulte de ce qui précède que, les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du jury de l'université de Poitiers, prise le 19 juin 2024, prononçant l'ajournement de M. D au second semestre de sa deuxième année du DEUG STAPS Management du sport, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur les conclusions tendant à son annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. La présente décision implique seulement, eu égard à ses motifs, qu'il soit enjoint à l'université de Poitiers d'admettre M. C D, à titre provisoire, en 3ème année de licence STAPS Management du sport, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du jury de l'université de Poitiers, prise le 19 juin 2024, prononçant l'ajournement de M. D au second semestre de sa deuxième année du DEUG STAPS Management du sport est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur les conclusions tendant à son annulation.
Article 2 : Il est enjoint à l'université de Poitiers d'admettre M. C D, à titre provisoire, en 3ème année de licence STAPS Management du sport, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D et à l'Université de Poitiers.
Fait à Poitiers, le 19 septembre 2024.
La juge des référés,
Signé
I. LE BRIS
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026