jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402371 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | DONZEL |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2402371 le 3 septembre 2024, Mme C B, représentée par Me Donzel, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 19 août 2024 par laquelle la préfète des Deux-Sèvres l'a assignée à résidence, sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour une durée de quarante-cinq jours ou, à défaut, d'annuler cette décision en tant qu'elle détermine les modalités de son obligation de présentation aux services de police nationale.
Elle soutient que :
- son éloignement ne constitue pas une perspective raisonnable ;
- l'assignation à résidence est prématurée puisque l'obligation de quitter le territoire sur laquelle elle se fonde peut encore faire l'objet d'un recours contentieux ;
- elle travaille aux heures auxquelles il lui est demandé de se présenter au commissariat de police.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2014, la préfète des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2402471 le 11 septembre 2024, et un mémoire, enregistré le 17 septembre 2024, Mme C B, représentée par Me Donzel, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler les décisions du 19 août 2024 par lesquelles la préfète des Deux-Sèvres lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la décision portant refus de séjour est entachée d'incompétence ;
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui délivrant pas un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 et 18 septembre 2024, la préfète des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. A pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante ivoirienne née le 29 mai 1988, est irrégulièrement entrée en France, selon ses déclarations, le 6 septembre 2018. Par ses deux requêtes susvisées, elle demande l'annulation des décisions du 19 août 2024 par lesquelles la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an et l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
2. À titre liminaire, il y a lieu, compte tenu de l'urgence, d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étranger et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, entrée en France depuis six ans, s'est pacsée le 30 juillet 2020 avec un ressortissant camerounais titulaire d'une carte de résident en qualité de parent d'enfant français, puis que le couple s'est marié le 19 février 2022. Si le couple est désormais séparé, sans être divorcé, Mme B déclare avoir quitté le domicile conjugal en raison des violences physiques et psychologiques exercées contre elle par son époux, qui lui faisait subir un chantage au titre de séjour pour la forcer à demeurer au domicile conjugal, ainsi que cela ressort des déclarations circonstanciées de l'intéressée dans son dépôt de plainte du 12 juin 2024, qui mentionne notamment l'identité et les coordonnées de témoins de ces violences ainsi que l'intervention des services de gendarmerie à son domicile à au moins une reprise. En outre, les pièces médicales produites attestent que Mme B souffre de troubles anxiodépressifs nécessitant notamment une prise en charge médicamenteuse. Au regard des éléments de preuve pouvant être exigés de la requérante dans le cadre d'une procédure à délais contraints, les violences alléguées et l'état de santé dégradé de Mme B qui en résulte sont suffisamment établis. Par ailleurs, Mme B justifie être intégrée en France, dans la mesure notamment où elle dispose d'un emploi depuis qu'elle est sous récépissé de demande de titre de séjour. Dans ces circonstances particulières, la décision du 19 août 2024 par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B sur le fondement des dispositions citées au point précédent est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, quand bien même la préfète n'avait pas connaissance de l'ensemble des éléments de la situation de la requérante.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que la décision du 19 août 2024 par laquelle la préfète des Deux-Sèvres a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions du même jour l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, lui faisant interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an et l'assignant à résidence pendant quarante-cinq jours.
6. Enfin, il y a lieu, comme le demande la requérante, d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de réexaminer le droit au séjour de Mme B. La préfète devra tenir compte de la situation de Mme B au jour de sa nouvelle décision, au regard des nouvelles pièces qui pourront lui être apportées par l'intéressée et, notamment, des suites réservées par l'autorité judiciaire à sa plainte du 12 juin 2024. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Dans cette attente, Mme B devra être munie d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, renouvelée jusqu'à ce que la préfète se soit expressément prononcée sur son droit au séjour.
D É C I D E :
Article 1er : Mme B est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les décisions du 19 août 2024 par lesquelles la préfète des Deux-Sèvres a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an et l'a assignée à résidence pendant quarante-cinq jours sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète des Deux-Sèvres de réexaminer le droit au séjour de Mme B dans un délai de trois mois, dans les conditions précisées au point 6 du présent jugement, et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, renouvelée jusqu'à ce que la préfète se soit expressément prononcée sur le droit au séjour de l'intéressée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Donzel et à la préfète des Deux-Sèvres.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
B. A La greffière d'audience,
Signé
C. BERLAND
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Nos 2402371 et 2402471
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026