jeudi 5 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402386 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er septembre 2024, M. et Mme D et A C, représentés par Me Vocat, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 24 juillet 2024 par laquelle la commission de l'académie de Poitiers a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision en date du 17 juin 2024 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) de la Charente-Maritime leur a refusé l'autorisation d'instruire en famille leur enfant B C au titre de l'année scolaire 2024-2025 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Poitiers de leur délivrer l'autorisation d'instruire leur enfant en famille sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1
du code de justice administrative est satisfaite dès lors, d'une part, qu'une scolarisation trop brutale et prématurée mettrait en danger l'équilibre psychologique de leur fils dans la mesure où celui-ci ne connaît que l'instruction en famille depuis 2019 et, d'autre part, qu'une décision au fond interviendrait trop tardivement pour éviter à leur fils de subir les conséquences d'une scolarisation non adaptée et dangereuse pour lui ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont il demande la suspension ; la décision du DASEN de la Charente-Maritime du 17 juin 2024 n'est pas motivée ; la décision dont la suspension est demandée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 1er septembre 2024 sous le n° 2402387 par laquelle M. et Mme C demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Campoy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Il appartient au juge des référés qui rejette une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision administrative au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision, d'analyser, soit dans les visas de son ordonnance, soit dans les motifs de celle-ci, les moyens développés au soutien de la demande de suspension, afin, notamment, de mettre le juge de cassation en mesure d'exercer son contrôle.
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. et Mme D et A C, tels qu'ils sont visés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision de la commission de l'académie de Poitiers du 24 juillet 2024 rejetant leur recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision en date du 17 juin 2024 par laquelle le DASEN de la Charente-Maritime leur a refusé l'autorisation d'instruire en famille leur enfant B C au titre de l'année scolaire 2024-2025. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par M. et Mme C ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme D et A C.
Copie en sera transmise pour information à la rectrice de l'académie de Poitiers.
Fait à Poitiers, le 5 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
L. CAMPOY
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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