jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402446 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BOULEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 septembre 2024, M. B A et Mme E D, représentés par Me Bouleau-Lion, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 22 août 2024 par laquelle la commission de l'académie de Poitiers a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision en date du 15 juillet 2024 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) des Deux-Sèvres leur a refusé l'autorisation d'instruire en famille leur enfant C A au titre de l'année scolaire 2024-2025 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Poitiers de leur délivrer l'autorisation d'instruire leur enfant en famille sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ou, à titre subsidiaire, de procéder à un réexamen de leur demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1
du code de justice administrative est satisfaite dès lors, d'une part, que la décision de la commission ne leur été notifiée que le jeudi 29 août 2024, les mettant, de la sorte, dans l'impossibilité matérielle d'inscrire leur enfant dans un établissement à la rentrée scolaire du 2 septembre 2024, d'autre part, que la décision contestée implique une rupture dans la méthode pédagogique appliquée à leur fils qui pratique l'instruction en famille depuis plus de sept ans et qui n'a jamais bénéficié d'enseignement en établissement scolaire et, enfin, que leur fils pratique de nombreuses activités extra scolaires de manière intensive, ce qui ne lui permet pas de suivre le rythme classique d'un enseignement collectif dispensé par un établissement public ou privé ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont ils demandent la suspension ; cette décision est entachée d'incompétence ; la procédure dont ils ont fait l'objet est irrégulière dès lors que la décision attaquée ne mentionne pas la liste des membres présents lors de la réunion de cette commission ; cette décision leur a été notifiée au-delà du délai de cinq jours prévu par l'article D. 131-11-12 du code de l'éducation ; elle n'est pas motivée ; la décision dont la suspension est demandée méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 septembre 2024 sous le n°2402450 par laquelle M. A et Mme D demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Campoy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " () Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes qui sont tributaires de lui, caractérisent une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
3. Pour justifier de l'urgence attachée à la suspension de l'exécution de la décision attaquée du 22 août 2024, M. B A et Mme E D soutiennent, en premier lieu, que la décision contestée implique une rupture dans la méthode pédagogique appliquée à leur fils, C A, né le 10 juillet 2011, qui pratique l'instruction en famille depuis plus de sept ans et qui n'a jamais bénéficié d'enseignement en établissement scolaire. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un tel changement de méthode pédagogique serait nécessairement préjudiciable à leur enfant, ni, en toute hypothèse, que les établissements d'enseignement public ou privé ne seraient pas en mesure d'adapter leur prise en charge aux particularités du parcours pédagogique de cet enfant. En deuxième lieu, les requérants ne sauraient se prévaloir de la situation d'urgence s'attachant à l'impossibilité matérielle d'inscrire leur enfant dans un établissement à la rentrée scolaire 2024-2025 qui n'est imputable qu'à leur imprudence dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'ils avaient connaissance de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle le DASEN des Deux-Sèvres leur a refusé l'autorisation d'instruire en famille leur enfant depuis, à tout le moins, le 31 juillet 2024 et qu'il leur appartenait, par précaution, de mettre à profit le délai restant à courir jusqu'à la rentrée scolaire pour chercher un établissement d'accueil, sans préjuger du sens de la réponse de la commission de l'académie de Poitiers. En toute hypothèse, les requérants n'établissent pas avoir demandé, ni d'ailleurs s'être vu refuser, l'admission de leur fil dans un établissement scolaire. En dernier lieu, il n'est pas établi que les horaires pratiqués dans un établissement scolaire seraient totalement incompatibles avec la pratique du piano ou des échecs par leur fils, ni que celui-ci ne pourrait disposer d'autorisation d'absence pour assister aux compétitions d'échec auxquelles il est appelé à participer. En toute hypothèse, les requérants n'établissent pas, ni même n'allèguent qu'il n'existerait aucun établissement scolaire proposant des sections à horaires aménagés pour la pratique du piano ou des échecs de leur fils. Dans ces conditions, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie. Dès lors, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par M. A et Mme D ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. et Mme A et D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et Mme E D.
Copie en sera transmise pour information à la rectrice de l'académie de Poitiers.
Fait à Poitiers, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
L. CAMPOY
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026