vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402463 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL ODIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 septembre 2024 et des mémoires enregistrés le 26 septembre 2024 et le 9 octobre 2024, M. A D, représenté par Me Villemont, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le ministre des armées a dénoncé son contrat d'engagement et l'a rayé des contrôles à compter du 10 juillet 2024, jusqu'à l'intervention de la décision prise sur le recours administratif préalable obligatoire qu'il a déposé le 7 septembre 2024 auprès de la commission des recours des militaires ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de le réintégrer provisoirement dans les effectifs de l'armée de l'air et de l'espace en tant que sous-officier engagé sous contrat, dans l'attente de l'intervention d'une nouvelle décision de l'autorité administrative après recours administratif préalable obligatoire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable, dès lors qu'elle a été introduite dans les délais de recours contentieux et a été précédée du recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article R. 4125-1 du code de la défense ; la décision n'est pas entièrement exécutée et continue de produire des effets ;
Sur la condition d'urgence :
- elle est satisfaite dès lors que la décision le prive de ressources financières, alors même que son emploi était garanti pour 9 années ; il ne perçoit pas l'allocation de retour à l'emploi ; le ministre des armées vient de lui réclamer le remboursement d'un trop versé au titre du mois de juillet 2024 pour 1 085 euros, ce qui aggrave encore son préjudice financier ;
- la décision met fin à ses fonctions ;
- depuis qu'il a quitté l'armée, il vit chez sa mère principalement ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise aux termes d'une procédure irrégulière dès lors que l'intéressé n'a pas été mis à même de consulter son dossier et de présenter ses observations ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle se fonde exclusivement sur des faits qualifiés de faute disciplinaire donnant lieu à sanction qui n'est pas encore définitive ;
- elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux faits qui peuvent justifier une telle sanction intervenue dans un délai déraisonnable.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 octobre 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier :
- le recours administratif préalable obligatoire exercé par M. D le 7 septembre 2024 devant la commission des recours des militaires contre la décision du 8 juillet 2024.
Vu :
- le code de la défense ;
- le décret n° 2008-961 du 12 septembre 2008 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après lecture du rapport de M. C ont été entendues :
-les observations de Me Villemont, représentant M. D, qui maintient ses conclusions et moyens en reprenant et en précisant ses écritures ;
-et les observations de M. B, représentant le ministre des armées qui maintient ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Il résulte de l'instruction que M. D, alors âgé de 19 ans, a souscrit le 22 janvier 2024 un engagement pour une durée de 9 ans en qualité de sous-officier de personnel non navigant dans l'armée de l'air et de l'espace, avec une période probatoire de 6 mois, laquelle a dès le départ été prolongée jusqu'au 21 janvier 2025. L'intéressé a intégré l'école de formation des sous-officiers de l'armée de l'air et de l'espace, à Rochefort, dans la spécialité " technicien de maintenance vecteur et moteur ". M. D a effectué sa formation militaire initiale du 22 janvier 2024 au 31 mai 2024. Par une décision du 8 juillet 2024, le ministre des armées a dénoncé le contrat d'engagement de M. D et l'a rayé des contrôles à compter du 10 juillet 2024. M. D saisit le tribunal administratif d'une demande tendant à la suspension de l'exécution de cette décision.
En ce qui concerne l'urgence :
3. En l'espèce, la décision en litige met fin au contrat d'engagement de M. D en qualité de sous-officier du personnel non navigant dans l'armée de l'air et de l'espace, le privant d'un emploi et l'empêchant ainsi définitivement de poursuivre un métier pour lequel il s'est préparé et qui lui permettait d'envisager une stabilité professionnelle pendant 9 ans. La condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
4. Aux termes de l'article L. 4139-12 du code de la défense : " L'état militaire cesse, pour le militaire de carrière, lorsque l'intéressé est radié des cadres, pour le militaire servant en vertu d'un contrat, lorsque l'intéressé est rayé des contrôles. ".
5. Aux termes de l'article 8 du décret du 12 septembre 2008 relatif aux militaires engagés : " Le contrat d'engagement initial ainsi que le premier des contrats intervenant après une interruption de service ne deviennent définitifs qu'à l'issue d'une période probatoire de six mois. / La période probatoire de six mois peut être renouvelée une fois par le ministre de la défense, ou le ministre de l'intérieur pour les militaires engagés de la gendarmerie nationale, pour raison de santé ou insuffisance de formation. / Lorsque la formation suivie par le militaire engagé le nécessite ou si la sécurité de la défense l'exige, la période probatoire peut être prolongée sans pouvoir excéder toutefois une durée totale de dix-huit mois. / Au cours de la période probatoire, quelle qu'en soit la durée, le contrat peut être dénoncé unilatéralement par chacune des parties. Lorsque le contrat est dénoncé par le ministre de la défense, ou le ministre de l'intérieur pour les militaires engagés de la gendarmerie nationale, il l'est par décision motivée. ".
6. Il résulte l'instruction que la décision du 8 juillet 2024 en litige, qui doit être motivée conformément aux dispositions précitées, se borne à indiquer que le requérant " a fait preuve d'un comportement incompatible avec les valeurs de l'aviateur en commettant des actes contraires à l'éthique et à la morale ". Dès lors qu'elle ne précise pas les circonstances de lieu et de temps exactes des faits allégués, une telle motivation ne permet pas à son destinataire de connaître les motifs de fait sur lesquels repose la décision attaquée ni les termes de l'analyse du ministre des armées l'ayant conduit à dénoncer le contrat d'engagement. Par suite, le moyen selon lequel la décision attaquée, à laquelle ne s'est pas encore substituée de décision prise suite au recours administratif préalable obligatoire formé devant la Commission de recours des militaires, est insuffisamment motivée est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 de la ministre des armées portant dénonciation du contrat d'engagement de M. D doit être suspendue jusqu'à ce que la Commission des recours des militaires se soit expressément prononcée sur le recours formé le 7 septembre 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif de la présente ordonnance, celle-ci implique nécessairement que M. D soit réintégré à titre provisoire en qualité de sous-officier du personnel non navigant dans l'armée de l'air et de l'espace, jusqu'à ce que la Commission des recours des militaires se soit expressément prononcée sur le recours formé le 7 septembre 2024. Il y a lieu d'enjoindre à la ministre des armées d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 8 juillet 2024 du ministre des armées portant dénonciation du contrat d'engagement de M. D est suspendue jusqu'à ce que la Commission des recours des militaires se soit expressément prononcée sur le recours formé le 7 septembre 2024 par M. D.
Article 2 : Il est enjoint à la ministre des armées de réintégrer M. D à titre provisoire, jusqu'à ce que la Commission des recours militaires se soit expressément prononcée sur le recours formé le 7 septembre 2024.
Article 3 : L'Etat versera à M. D une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et au ministre des armées et des anciens combattants.
Fait à Poitiers, le 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. C
La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026