lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de la commune de Moulidars (Charente) lui refusant le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Il soutient que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1
du code de justice administrative est satisfaite dès lors que France travail refuse de lui verser l'allocation d'aide au retour à l'emploi au motif que celle-ci doit lui être versée par la commune de Moulidars, et que cette collectivité n'a jamais répondu à sa demande tendant au versement de cette allocation, ce qui le prive de toute ressource depuis désormais trois mois ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont il demande la suspension ; ainsi que le lui a indiqué France travail, la commune doit procéder à son indemnisation dans le cadre du dispositif dit des " droits rechargeables ".
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail et notamment son article L. 5424-1 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Campoy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ".
2. A supposer que M. A B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de la commune de Moulidars (Charente) lui refusant le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait demandé, par une requête séparée, l'annulation d'une telle décision. Par suite, à défaut de requête au fond, ses conclusions à fin de suspension sont irrecevables et doivent être rejetées.
3. Au demeurant, M. B, qui se borne à faire état de ce qu'il était " fonctionnaire au sein de la mairie de Moulidars en tant qu'agent technique territorial de 2017 à 2020 " et à faire état de sa démission de cet emploi avant d'exercer la profession d'auto-entrepreneur, puis de salarié en contrat à durée indéterminée au sein d'une entreprise dénommée " CGT 16 ", n'apporte, à l'exception de deux courriers de France travail lui refusant l'allocation d'aide au retour à l'emploi, dépourvus des précisions permettant d'apprécier les droits de l'intéressé, aucun élément indiquant qu'il existerait des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont il demande la suspension.
4. D'autre part, aux termes, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
5. En outre, le juge des référés ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
6. A supposer même que le requérant demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à la commune de Moulidars de lui verser l'allocation d'aide au retour à l'emploi, il résulte de l'instruction qu'une telle demande a pour effet de faire obstacle à la décision implicite de rejet de sa demande de versement de cette allocation que, selon l'intéressé, lui a déjà opposé cette collectivité, sans que M. B ne justifie, à cet égard, d'une situation de péril grave qui justifierait que le juge des référés déroge au principe posé au point 4.
7. Au demeurant, comme il a été dit au point 3, M. B n'apporte, à l'exception de deux courriers de France travail lui refusant l'allocation d'aide au retour à l'emploi, aucun élément permettant d'apprécier l'étendue de ses droits au versement d'une telle allocation, ce qui ne permet pas de regarder sa demande comme ne se heurtant à aucune contestation sérieuse.
8. Dans ces conditions, la requête présentée par M. B ne peut qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera transmise, pour information, à la commune de Moulidars.
Fait à Poitiers, le 30 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
L. Campoy
La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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