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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402712

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402712

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402712
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 14 juin 2024 par lequel le maire de La Flotte ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de M. et Mme A pour l'extension de leur maison. Les requérants, M. et Mme C, invoquaient plusieurs moyens tirés de l'insuffisance du dossier de déclaration et de la méconnaissance du règlement du plan local d'urbanisme (articles Ub 5.2, Ub 6 et Ub 6-1). Le juge a estimé qu'aucun de ces moyens n'était, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, sans qu'il soit besoin d'examiner l'urgence ou la recevabilité de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 15 octobre 2024, M. et Mme C, représentés par Me Théobald, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 juin 2024 par lequel le maire de la commune de La Flotte ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par M. et Mme A en vue de l'extension de leur maison située 10, rue du Peux Griffard ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La Flotte une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- la condition d'urgence est présumée remplie en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée pour les motifs suivants :

- le dossier déposé ne permet pas d'appréhender correctement l'insertion du projet, ce qui a empêché le maire comme l'architecte des bâtiments de France d'exercer régulièrement leur compétence ;

- le projet méconnaît l'article Ub 5.2 du règlement du plan local d'urbanisme, qui permet à l'autorité compétente d'imposer une implantation particulière pour garantir le bon ensoleillement des maisons d'habitation ;

- le projet méconnaît les article Ub 6 et Ub 6-1 du règlement du plan local d'urbanisme car le préau, qui est manifestement disproportionné par rapport au bâtiment principal et présente une toiture à deux versants, perpendiculaire aux trois versants des toitures existantes, ne peut être regardé comme s'inscrivant parfaitement dans l'environnement existant ;

- le projet méconnaît le b) du point 1.1 l'article Ub 6 du règlement du plan local d'urbanisme car, du fait de l'extension, la superficie de l'étage représentera une proportion encore plus faible par rapport à l'emprise au sol de la construction en rez-de-chaussée ;

- le projet méconnaît le d) du point 1.1 l'article Ub 6 du règlement du plan local d'urbanisme, qui prévoit que les toitures doivent avoir deux versants.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, M. et Mme A doivent être regardés comme concluant au rejet de la requête.

Ils soutiennent que leur projet ne causera pas de préjudice de jouissance à M. et Mme C.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 9 août 2024 sous le numéro 2402178 par laquelle M. et Mme C demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 24 septembre 2024 en présence de Mme Bertheau, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Théobald, pour les requérants, qui reprend l'ensemble de leurs moyens et soutient que l'intérêt à agir est constitué, compte tenu de la hauteur du préau qui doit être construit en surplomb de leur terrasse ; que les pétitionnaires confirment le caractère incomplet du dossier en ajoutant dans leurs écritures des éléments sur l'évacuation des eaux pluviales ; que la jonction entre le préau projeté et la partie de la construction à laquelle il va être accolé va nécessairement créer une toiture à plus de deux versants, qui est interdite par le règlement du PLU ; que, compte tenu de la disproportion existante entre la taille de ce préau et celle de la partie du bâtiment à laquelle il va être accolé, le projet ne peut être regardé comme s'inscrivant parfaitement dans son environnement.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C demandent la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 juin 2024 par lequel le maire de la commune de La Flotte ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par M. et Mme A en vue de l'extension de leur maison, située 10, rue du Peux Griffard.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués, tels qu'ils sont mentionnés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête ni si la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par M. et Mme C ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C, à M. et Mme A et à la commune de La Flotte.

Fait à Poitiers, le 18 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

I. B

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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