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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402852

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402852

jeudi 16 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402852
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantAHMAD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. A..., ressortissant bangladais, qui contestait l'arrêté du 30 août 2024 de la préfète des Deux-Sèvres lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et fixant le pays de renvoi. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire, la délégation de signature étant régulière. Il a également jugé que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme n'était pas fondé, faute de preuves suffisantes de risques personnels en cas de retour au Bangladesh.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2426727/3-1 du 8 octobre 2024, la présidente de la 3ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Poitiers, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 4 octobre 2024, présentée par M. B... A....

Par cette requête, M. A..., représenté par Me Bonneau, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 30 août 2024 par lequel la préfète des Deux-Sèvres a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné à l’expiration de ce délai ;

2°) d’enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de procéder à un nouvel examen de sa situation.

Il soutient que :

- l’arrêté attaqué est entaché d’un vice d’incompétence ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnait les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Le préfet des Deux-Sèvres a produit un mémoire en défense le 22 septembre 2025, après la clôture de l’instruction, qui n’a pas été communiqué.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 8 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.


Le rapport de M. Jarrige a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. M. B... A..., ressortissant bangladais né le 30 mai 1985, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 18 mars 2023, selon ses déclarations. Il a sollicité le statut de réfugié qui lui a été refusé par une décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 25 juillet 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d’asile le 22 juillet 2024. Par un arrêté du 30 août 2024, la préfète des Deux-Sèvres lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d’être éloigné à l’expiration de ce délai. M. A... demande l’annulation de cet arrêté.

Sur l’arrêté dans son ensemble :

2. Par un arrêté du 18 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture des Deux-Sèvres le même jour, la préfète des Deux-Sèvres a donné délégation à M. Patrick Vautier, secrétaire général de la préfecture des Deux-Sèvres, à l’effet de signer tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l’Etat dans le département des Deux-Sèvres, à l’exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en matière de police des étrangers. Il s’ensuit que le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’arrêté attaqué doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

3. Aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».

4. Si le requérant fait valoir que postérieurement au rejet de sa demande d’asile, les personnes qui le persécutent ont attaqué à nouveau son domicile familial et agressé ses parents, il n’a produit aucun commencement de preuve à l’appui de ses dires et n’établit pas ainsi qu’il serait, en cas de retour dans son pays d’origine, effectivement et personnellement exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants au sens des stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, son moyen tiré de leur méconnaissance ne peut qu’être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d’injonction.


DECIDE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet des Deux-Sèvres.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.


Délibéré après l'audience du 25 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Jarrige, président,
M. Cristille, vice-président,
M. Dufour, vice-président.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 octobre 2025.


Le président rapporteur,
Signé
A. JARRIGE
L’assesseur le plus ancien,
Signé
P. CRISTILLE



La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet des Deux-Sèvres en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,



Signé

S. GAGNAIRE

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