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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2402856

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2402856

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2402856
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, agent de l’INSEE, qui contestait son placement en congé de maladie ordinaire et demandait le bénéfice des prestations pour risque professionnel. Le juge a estimé que les mesures sollicitées, qui auraient pour effet de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, ne relèvent pas du champ d’application de cet article, lequel ne permet pas de prescrire de telles mesures. Par conséquent, la requête a été jugée irrecevable, et la demande d’aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, l’action étant manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et un courrier, enregistrés les 18, 21 et 23 octobre 2024, Mme B A demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'annuler la décision du 20 août 2024 par laquelle son employeur, l'INSEE, l'a placée en congé de maladie ordinaire du 22 juin au 20 septembre 2024, et d'ordonner que lui soient servies les prestations de son régime d'affiliation pour risque professionnel.

Mme A soutient qu'elle n'est pas affiliée à la caisse primaire d'assurance maladie et qu'elle doit bénéficier des prestations prévues pour une pathologie imputable au service.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Bris, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code.

3. Les mesures sollicitées par Mme A, qui auraient pour effet de faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ne sont pas au nombre de celles susceptibles d'être prescrites par le juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter comme irrecevables les conclusions présentées par l'intéressée à ce titre.

Sur la demande d'aide juridictionnelle :

4. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". Aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".

5. Il résulte des points 2 et 3 que la requête de Mme A ne satisfait pas de manière manifeste aux conditions posées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A, y compris sa demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Poitiers, le 24 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé

I. LE BRIS

La République mande et ordonne au ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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