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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2403176

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2403176

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2403176
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B, qui demandait au juge de constater ou prolonger la validité de son permis de construire délivré en 2020. Le tribunal a rappelé qu'il n'a pas compétence pour se prononcer sur une telle demande, qui relève de l'administration et non du juge administratif. Il a invité le requérant à solliciter une prorogation de son permis auprès du maire, conformément aux articles R. 424-17 et R. 424-21 du code de l'urbanisme. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 novembre 2024, M. A B demande au tribunal de constater ou de prolonger la validité du permis qui lui a été délivré le 19 août 2020 par le maire de la commune de Lessac pour la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé au lieudit Le Petit Chiron.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Il n'appartient pas au juge administratif, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, de se prononcer sur des conclusions autres que celles tendant à l'annulation d'une décision ou à la condamnation d'une personne publique au versement d'une somme d'argent.

3. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. () ". Aux termes de l'article R. 424-21 du même code : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir ou la décision de non-opposition à une déclaration préalable peut être prorogé deux fois pour une durée d'un an, sur demande de son bénéficiaire si les prescriptions d'urbanisme et les servitudes administratives de tous ordres auxquelles est soumis le projet n'ont pas évolué de façon défavorable à son égard. () ".

4. En l'espèce, M. B demande au tribunal de lui donner l'autorisation de construire la maison pour laquelle il s'est vu délivrer un permis de construire par le maire de Lessac le 19 août 2020. Il indique qu'il a déposé une déclaration de début de travaux en mairie le 26 juillet 2021, et qu'il a déjà exposé de nombreux frais dans ce projet. Toutefois, sa demande ne relève pas de l'office du juge administratif, qui ne peut pas agir comme un administrateur. Il appartient à M. B, le cas échéant, de demander au maire de Lessac de proroger son permis de construire en application des dispositions citées au point 3 de l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée comme manifestement irrecevable en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Faits à Poitiers le 4 décembre 2024

La présidente,

Signé

I. LE BRIS

La République mande et ordonne au préfet de la Charente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Signé

S. GAGNAIRE

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