lundi 16 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2403258 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | SCPA GAND-PASCOT-PENOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 novembre 2024, M. C B A, représenté par la SCP Gand-Pascot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2024 par lequel le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- dès lors que l'obligation de quitter le territoire français, dont la décision contestée est une modalité d'exécution, date du 15 juin 2023, le régime édicté par la loi du 26 janvier 2024 ne lui est pas applicable ; par voie de conséquence, l'assignation à résidence en vertu d'une obligation de quitter le territoire datant de plus d'un an n'est pas possible à son égard ;
- alors que l'obligation de quitter le territoire français date du 15 juin 2023, et que celle-ci n'a pas pu être exécutée nonobstant un placement en rétention administrative, puis une assignation à résidence de cent-quatre-vingt jours, il n'est pas possible de considérer que son éloignement demeure une perspective raisonnable ;
- la restriction à la liberté d'aller et venir résultant de la décision contestée, s'ajoutant à une première période de ce même régime ayant duré six mois, porte une atteinte illicite à ses droits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 décembre 2024.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné Mme Boutet première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Boutet a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 6 octobre 1979, est entré en France en novembre 2018 selon ses déclarations. Il a sollicité, le 17 novembre 2021, la délivrance d'un certificat de résidence algérien " conjoint de français ". Par des décisions du 16 novembre 2022, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Le 10 décembre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " salarié ". Par un arrêté du 15 juin 2023, le préfet de la Vienne a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour et d'un visa de longue durée, a refusé son admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français. Par un arrêté du 17 mai 2024, le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence pour une durée de cent quatre-vingt jours. Par un arrêté du 21 novembre 2024, dont M. M. B A demande l'annulation par la présente requête, le préfet de la Vienne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable avant l'entrée en vigueur de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 731-1 du même code dans sa rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024 précitée : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". L'article 86 de la loi du 26 janvier 2024 précise que : " () IV. - L'article 72, à l'exception du 2° du VI (), entrent en vigueur à une date fixée par décret en Conseil d'Etat, et au plus tard le premier jour du septième mois suivant celui de la publication de la présente loi. Ces dispositions s'appliquent à la contestation des décisions prises à compter de leur entrée en vigueur ".
3. En premier lieu, il résulte des dispositions transitoires de la loi du 26 janvier 2024 énoncées en son article 86, que les nouvelles dispositions permettant à l'autorité administrative d'assigner à résidence un étranger ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant sont immédiatement applicables aux décisions d'assignation à résidence prises dès l'entrée en vigueur de la loi. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'assignation à résidence en litige est illégale au motif que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise le 15 juin 2023 plus d'un an auparavant, alors que les dispositions de la loi du 26 janvier 2024 précitées n'étaient pas encore en vigueur.
4. En deuxième lieu, la seule circonstance que M. B A ait fait l'objet d'une précédente décision d'assignation à résidence prise le 17 mai 2024 pour une durée de cent-quatre vingt jours ne permet pas d'établir qu'à la date à laquelle la décision portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours en litige a été prise, il n'existait pas de perspective raisonnable d'éloignement.
5. En troisième lieu, la circonstance que M. B A ait fait l'objet 17 mai 2024 d'une précédente mesure d'assignation à résidence d'une durée de cent-quatre-vingt, prise sur le fondement distinct de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne fait pas obstacle à ce que le préfet prenne à l'issue de cette période une décision portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Le requérant n'est par suite pas fondé à soutenir qu'il a été porté atteinte à ses droits, notamment à sa liberté d'aller et venir.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de la Vienne du 21 novembre 2024 présentées par M. B A doivent être rejetées, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au préfet de la Vienne
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. BOUTET
La greffière d'audience,
Signé
C. BERLAND
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026