lundi 20 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2403440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LELOUP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 décembre 2024, M. B A représenté par Me Leloup, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus née le 22 mai 2024 par laquelle le préfet de la Charente-Maritime a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans et a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien d'un an portant la mention " artisan " ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Charente-Maritime de délivrer dans les quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est présumée dès lors que la décision contestée est un refus de renouveler un titre de séjour et que ce refus interrompt un séjour régulier depuis le 2 octobre 2024 ; sa demande de renouvellement a été déposée dans les délais mais des erreurs de l'administration ont nécessité un nouveau dépôt en janvier 2024 ; il se retrouve dans une situation précaire sans titre de séjour ni de récépissé valide malgré ses efforts constants et sa volonté de régulariser sa situation ; le refus de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans ou de renouveler son certificat de résidence d'un an porte atteinte à son droit au séjour, au maintien de sa vie privée et familiale et à la continuité de son activité économique ; le séjour irrégulier le place dans une situation de grande précarité à la fois professionnelle et personnelle ; cette situation ne lui est pas imputable ; ses démarches montrent sa volonté constante de régulariser sa situation ; alors qu'il est entré de manière régulière sur le territoire français où il vit depuis neuf ans et y a construit une vie privée et familiale ainsi qu'une situation professionnelle et financière stable, les conséquences des refus en litige préjudicient ainsi de façon suffisamment grave et immédiate à sa situation ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite née le 22 mai 2024 :
- la décision étant implicite n'a pas fait l'objet d'une motivation mais une demande de communication de motifs a été envoyée le 21 novembre 2024 par lettre recommandée avec accusé de réception, et reçue par la préfecture le 25 novembre 2024 restée sans réponse ; la décision n'est donc pas suffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il satisfait aux conditions prévues aux articles 5, 7 c) et 7 bis de l'accord franco-algérien de 1968 ; il justifie d'une résidence ininterrompue en France depuis plus de trois ans et disposer des ressources stables et supérieures au SMIC ; il exerce en qualité d'artisan une activité d'installation et de réparation informatique et fibre optique et de conception de produits industriels ; les stipulations de l'article 7bis de l'accord franco-algérien ont été méconnues et la décision de refuser le certificat de résidence algérien de dix ans est illégale ;
- le préfet de Charente-Maritime a refusé la demande de renouvellement de certificat de résidence mention " artisan " alors qu'il est titulaire depuis 2018 d'un certificat de résidence pour algérien portant la mention " artisan ", renouvelé sans discontinuité ; il remplit pourtant parfaitement les conditions de délivrance et de renouvellement du titre fixées par l'article 7, c) de l'accord franco-algérien ; il continue, en effet, d'exercer effectivement son activité d'artisan, dont il tire ses ressources ; il apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources en France, tirées de son activité artisanale ;
- le refus en litige constitue une ingérence disproportionnée dans le droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale et enfreint l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il vit en France en situation régulière depuis près de 10 ans et y a construit sa vie privée et familiale ; ses deux parents sont titulaires d'un certificat de résidence de dix ans en France ; il exerce une activité professionnelle depuis 2018 et a créé sa microentreprise en 2018 puis une SAS en 2021 ; enfin il entretient depuis 2020 une relation amoureuse avec une ressortissante française.
La requête a été communiquée au préfet de la Charente-Maritime qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 12 décembre 2024 sous le n°2403439 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cristille pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 janvier 2025 à 11h, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- le rapport de M. Cristille, juge des référés ;
- les observations de Me Silvestre substituant Me Leloup, représentant M. A, présent à l'audience et qui reprend les moyens de sa requête en les développant et en insistant sur sa situation personnelle, professionnelle et familiale en France ainsi que sur les difficultés liées à son maintien en situation irrégulière.
Le préfet de la Charente-Maritime n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en décembre 1991, est entré en France le 15 septembre 2014 muni d'un visa long séjour étudiant. Il a été mis en possession d'un certificat de résidence algérien en qualité d'étudiant à compter du 1er décembre 2014 qui a été renouvelé sans interruption jusqu'en 2018. Après l'obtention le 24 septembre 2018 d'un master en " Sciences, Technologies, Santé, mention Mécanique ", M. A s'est installé à son compte en qualité de micro-entrepreneur artisan en créant une société dans le domaine de la fibre optique et a bénéficié de certificats de résidence successifs en qualité d'artisan, du 1er décembre 2018 au 4 juillet 2023. Il a déposé le 22 janvier 2024, à titre principal, une demande de certificat de résidence de dix ans sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien et, à titre subsidiaire, une demande de renouvellement de son certificat de résidence " artisan " sur le fondement du c) de l'article 7 du même accord mais n'a reçu aucune réponse de l'administration. Dans la présente instance, M. A demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision implicite de refus née le 22 mai 2024 du silence gardé par le préfet de la Charente Maritime pendant quatre mois après le dépôt de sa demande.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. La requête de M. A tend notamment à la suspension de l'exécution de la décision par laquelle lui a été refusé le renouvellement son certificat de résidence. En l'absence de tout élément de nature à renverser la présomption d'urgence dont bénéficie un tel recours, le préfet n'ayant pas produit d'observations en défense, cette condition fixée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :
5. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par M. A, tirés de ce que la décision en litige serait entachée d'un défaut de motivation et méconnaîtrait les stipulations du c) l'article 7 de l'accord franco-algérien sont propres à créer un doute sérieux quant à sa légalité.
6. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension d'une décision administrative sont réunies. Il y a lieu, par suite, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite contestée, née le 22 mai 2024, jusqu'à l'intervention du jugement de la requête tendant à son annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. La présente ordonnance qui prononce la suspension de l'exécution de la décision implicite portant refus de certificat de résidence de M. A implique nécessairement qu'il soit procédé au réexamen de sa demande. Il y lieu d'enjoindre au préfet de la Charente-Maritime de réexaminer la demande de certificat de résidence de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans cette attente, une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé de dépôt l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours.
Sur les frais de l'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision implicite de rejet de la demande de certificat de résidence formulée le 22 janvier 2024 par M. A est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur les conclusions de la requête au fond présentées par l'intéressé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Charente-Maritime de réexaminer la demande de M. A en prenant une décision explicite dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans cette attente, une attestation de prolongation d'instruction ou le récépissé de dépôt correspondant l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de cette même notification.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Charente-Maritime.
Fait à Poitiers, le 20 janvier 2025.
Le juge des référés,
Signé
P. CRISTILLE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026