vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2500150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LE PALLABRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier et 4 février 2025, la SNC Biraud-Arnault, représentée par Me Le Pallabre, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 septembre 2024 par lequel le maire de la commune de Fouras a délivré au département de la Charente-Maritime un permis d'aménager pour la création et le confortement d'ouvrages de lutte contre l'hydrodynamisme marin sur le rivage nord de la presqu'île de Fouras, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Fouras une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir car elle exploite une villa située à proximité immédiate des ouvrages autorisés qui vont, d'une part, augmenter le risque d'atteinte à la sécurité des personnes et des biens et, d'autre part, porter atteinte aux conditions de jouissances de sa propriété en facilitant l'accès des promeneurs ainsi que d'éventuels intrus et en altérant la beauté du paysage, ce qui entraînera une perte de valeur de la villa ;
- la condition d'urgence est remplie car les travaux autorisés par la décision contestée ne sont pas achevés pour la partie située rue du 11 novembre et n'ont pas commencé pour la partie située quartier du Tourillon ; l'utilité publique revendiquée par le maître d'ouvrage doit être mise en balance avec les incidences du projet sur l'environnement et les risques d'érosion du littoral ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée pour les motifs suivants :
- le signataire de l'arrêté contesté doit justifier de sa compétence ;
- l'enquête publique est entachée d'irrégularité, d'une part, parce que l'avis d'enquête publique ne mentionne pas que celle-ci pourrait conduire à la délivrance d'un permis d'aménager, d'autre part, parce que l'arrêté contesté mentionne un avis favorable sans réserve du commissaire-enquêteur, alors que celui-ci a formulé une recommandation ;
- le dossier de demande de permis d'aménager est insuffisant au regard des exigences des articles R. 441-3 et R. 441-5 du code de l'urbanisme car il ne comporte pas de notice mentionnant les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement, ni de plan côté dans les trois dimensions ;
- le dossier ne comporte pas l'accord du gestionnaire du domaine public pour engager les travaux, en méconnaissance de l'article R. 441-6 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et les prescriptions des zones Re et Rs2 du plan de prévention des risques naturels de Fouras car les aménagements autorisés constituent des obstacles à l'écoulement des eaux et ne permettent pas de prévenir le risque d'érosion et de submersion marine ; en outre, il prévoit la création d'un cheminement piéton qui n'est pas conforme aux dispositions des articles 2.1.2 et 2.3.3 du règlement du PPRN ;
- le projet méconnaît le règlement des zones N et Nr du PLU car les ouvrages autorisés, qui ne sauraient être qualifiés d'aménagements légers, ne font pas partis des catégories de construction, limitativement énumérées, qui y sont admises ; aucune dérogation n'est prévue pour des travaux d'enrochement liés à la lutte contre le risque de submersion marine ;
- le projet méconnaît les articles L 121-23 du code de l'urbanisme qui protègent les espaces remarquables du littoral car les ouvrages autorisés ne peuvent pas être qualifiés d'aménagements légers au sens de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 4 février 2025, la commune de Fouras, représentée par Me Drouineau, conclut au rejet de la requête et demande à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SNC Biraud-Arnault en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- que la requête est irrecevable car, si le terrain de la requérante est proche des aménagements autorisés, ceux-ci ne créent pas de risques supplémentaires ni n'aggravent les vues déjà existantes sur la propriété, qui borde une plage librement accessible aux promeneurs ;
- que la condition d'urgence n'est pas remplie car, d'une part, les ouvrages situés à proximité immédiate de la propriété de la requérante sont achevés et, d'autre part, l'aménagement autorisé présente un intérêt public majeur puisqu'il vise à protéger les biens et les personnes contre les effets des tempêtes ;
- qu'il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de l'acte contesté.
Par un mémoire enregistré le 4 février 2025 le département de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- que la condition d'urgence n'est pas remplie car les ouvrages prévus à proximité de la propriété de la requérante sont réalisés à 80% et qu'il ne reste plus que les aménagements paysagers à terminer ; en outre, l'intérêt public qui s'attache à la réalisation de ces ouvrages doit prévaloir sur les inconvénients invoqués par la société requérante ;
- qu'il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de l'acte contesté.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2500102 par laquelle la SNC Biraud-Arnault demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 5 février 2025 en présence de Mme Gibault, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Le Pallabre, pour la société requérante, et de Mme B, présente à l'audience, qui précisent que l'intérêt à agir est évident au regard de l'importance des ouvrages autorisés, qui présentent un linéaire d'environ 500 mètres en deux parties, une largeur de 15 mètres et une hauteur de 4,5 mètres ; que Mme B n'invoque pas uniquement des troubles de jouissance mais également le risque de voir l'exposition de son terrain à la submersion accru, dès lors que celui-ci sera plus bas que les ouvrages autorisés ; que, du point de vue de l'urgence, les atteintes à l'environnement générées par ces aménagements doivent être d'autant plus prises en considération que le projet n'a pas fait l'objet d'une étude d'impact ; qu'en l'état d'avancement des travaux sur le secteur du 11 novembre, le chemin piétonnier n'est pas réalisés et la hauteur des ouvrages est encore inférieur à celle de son terrain ; s'agissant du doute sérieux, que le projet prévoit la création d'un chemin piéton qui ne respecte pas la règle de recul de 15 mètres par rapport au trait de côte prévu par le PPRN ; qu'au regard de la jurisprudence du Conseil d'Etat, les ouvrages autorisés, qui comportent des ancrages et de marches en béton, ne peuvent pas être qualifiés d'aménagement légers au sens du PLU et de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme ; que cet aménagement, compte tenu de son importance, aurait dû donner lieu à une mise en compatibilité du PLU ; que le choix de construire ce type d'aménagement à cet emplacement est discutable du point de vue de la protection contre les tempêtes et ne respecte pas l'ensemble des recommandations faites par M. A dans son rapport qui fait référence ;
- les observations de Me Dallemane, pour la commune de Fouras, qui précise que les ouvrages autorisés ont pour objet de casser la force des vagues et non de lutter contre la submersion, l'érosion ou la force du vent ; qu'ils sont neutres du point de vue de l'écoulement des eaux et ne sont donc pas de nature à aggraver le risque d'inondation ; que le projet a donné lieu à de nombreuses consultations sur l'incidence environnementale, qui ont toutes donné lieu à des avis favorables ; que la règle de recul de 15 mètres prévu par le PPRN concerne les chemins piétonniers aménagés en haut de falaise pour garantir contre le risque d'effondrement ; que les ouvrages autorisés peuvent être qualifiés d'aménagements légers car il s'agit d'enrochements qui pourront être retirés, le cas échéant ;
- et les observations de Mme D, qui fait valoir que la pointe de la Fumée est très urbanisée et très exposées aux dégâts que peuvent créer les tempêtes, ainsi que l'a montré l'évènement Xynthia, et que l'aménagement autorisé a pour objet de protéger les biens et les personnes ; que la voie de circulation créée à l'arrière des enrochements est indispensable pour assurer l'entretien des ouvrages mais pourra être fermée au public si nécessaire.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La SNC Biraud-Arnault demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 septembre 2024 par lequel le maire de la commune de Fouras a délivré au département de la Charente-Maritime un permis d'aménager pour la création et le confortement d'ouvrages de lutte contre l'hydrodynamisme marin sur le rivage nord de la presqu'île de Fouras, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués, tels qu'ils sont mentionnés dans les visas de la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête ni si la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par la SNC Biraud-Arnault.
Sur les frais de l'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Fouras, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la SNC Biraud-Arnault au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Fouras sur le fondement des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SNC Biraud-Arnault est rejetée.
Article 2 :La SNC Biraud-Arnault versera une somme de 1 000 euros à la commune de Fouras au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SNC Biraud-Arnault, à la commune de Fouras et au département de la Charente-Maritime.
Fait à Poitiers, le 7 février 2025.
Le juge des référés,
Signé
I. C
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière
Signé
D. MADRANGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026