vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2500209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | LOISEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2025, M. B A C, représenté par Me Canon, demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2025 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision portant assignation à résidence est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle se fonde de manière erronée sur une procédure pénale pour violences conjugales qui a pourtant fait l'objet d'un classement sans suite et qu'elle ne tient pas compte des garanties de représentation qu'il présente ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, compte tenu de sa situation familiale, son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 février 2025, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné Mme Dumont, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les observations de Me Canon, représentant M. A C, présent, qui reprend les moyens et conclusions développés dans ses écritures et précise que l'éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable dès lors que la Guinée n'a pas répondu à la demande de laissez-passer consulaire et n'en délivre généralement pas.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant guinéen né le 1er novembre 2022, est entré irrégulièrement sur le territoire français en avril 2017 à l'âge de 15 ans et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Par un arrêté du 13 février 2023, le préfet de la Charente-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour. A l'issue de son placement en garde à vue pour des faits de trafic de stupéfiants, le préfet de la Charente-Maritime a pris à son encontre, le 2 février 2024, une décision l'obligeant à quitter le territoire français sans délai assortie d'une décision lui interdisant le retour sur le territoire français pendant trois ans. A l'issue de son placement en garde à vue pour des faits de violences conjugales, le préfet de la Charente-Maritime a décidé, par un arrêté du 17 janvier 2025, de son placement en rétention pour une durée de quatre jours. Par une ordonnance du 22 janvier 2025, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bayonne a décidé de mettre fin à sa rétention. Par un arrêté du 22 janvier 2025, dont M. D demande l'annulation, le préfet de la Charente-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A C, de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Charente-Maritime n'a pas fondé la décision d'assigner M. A C à résidence sur la circonstance qu'il aurait été placé en garde à vue pour des faits de violences conjugales, mais a seulement visé le procès-verbal de son audition à l'occasion de cette garde à vue, lequel contient notamment des éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale. Dans ces conditions, M. C ne peut utilement se prévaloir du classement sans suite de la plainte pour violences conjugales déposée par son ex-compagne pour soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative est fondée à assigner à résidence un étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français, nonobstant la circonstance que ce dernier présenterait des garanties de représentation, l'existence de telles garanties propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la mesure d'éloignement devant, au demeurant, conduire le préfet à privilégier l'assignation à résidence plutôt que le placement en rétention. Par suite, M. A C ne peut utilement se prévaloir de telles garanties de représentation pour soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. En troisième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A C a fait l'objet le 2 février 2024 d'une obligation de quitter le territoire français qui a acquis un caractère définitif faute d'avoir été contestée dans le délai de recours contentieux et qui est toujours exécutoire. Dans ces conditions, alors que sa situation personnelle et familiale n'a pas été modifiée postérieurement à l'édiction de cette mesure d'éloignement, il n'est pas fondé à soutenir que sa situation personnelle et familiale ferait obstacle à son éloignement. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que, à la date de l'arrêté litigieux, les autorités guinéennes auraient refusé de délivrer un laissez-passer consulaire à M. A C. Il en résulte que, à cette date, son éloignement demeurait une perspective raisonnable. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit en conséquence être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A C aux fins d'annulation de la décision du 22 janvier 2025 par laquelle le préfet de la Charente-Maritime l'a assigné à résidence doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que celles qu'il a présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. A C est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Canon et au préfet de la Charente-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.
La magistrate désignée,
Signé
G. DUMONT
La greffière d'audience,
Signé
C. BERLANDLa République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026