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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2500235

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2500235

mercredi 19 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2500235
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formationétrangers JU
Avocat requérantDUSCH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. A B, ressortissant portugais, qui contestait un arrêté préfectoral du 27 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant de circuler en France pendant trois ans. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire, le secrétaire général de la préfecture disposant d'une délégation régulière, et a jugé que la décision d'éloignement était suffisamment motivée au regard de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue confirme la légalité de l'arrêté préfectoral, sans qu'aucun des moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ne soit fondé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 janvier 2025 et le 17 février 2025, M. C A B, représenté par Me Dusch, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 27 janvier 2025 par laquelle le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé et l'a interdit de circuler sur le territoire français pendant trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une autorisation de séjour provisoire et une carte de séjour dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence, faute pour son signataire de justifier d'une délégation régulière ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 février 2025, le préfet de la vienne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. Raveneau, conseiller, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Raveneau ;

- et les observations de Me Dusch, représentant M. A B, qui reprend les moyens soulevés dans la requête et ses écritures.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant portugais né le 15 octobre 2000, a fait l'objet le 27 janvier 2025 d'un arrêté par lequel le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il doit être éloigné et lui a interdit de circuler sur le territoire français pendant une durée de trois ans. M. A B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

4. Par un arrêté du 25 novembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Vienne, M. Etienne Brun-Rovet, secrétaire général de la préfecture de la Vienne, a reçu délégation de signature à l'effet de signer tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Vienne, à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figurent pas les décisions en matière de police des étrangers. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes sur lesquels elle se fonde, notamment les dispositions de l'article L.251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la situation de M. A B et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en particulier son article 8. Par ailleurs, elle décrit avec précision la situation personnelle, professionnelle et administrative de l'intéressé et explique le raisonnement tenu par l'autorité administrative pour l'obliger à quitter le territoire français. Par suite, la décision litigieuse contient l'ensemble des considérations de fait et de droit qui constituent son fondement et est suffisamment motivée. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet de la Vienne n'aurait pas procédé à un examen réel et approfondi de la situation personnelle du requérant.

7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; /2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; /3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; /4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3°. ".

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 251-1 du même code : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; /2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine.".

9. Pour obliger le requérant à quitter le territoire français, le préfet de la Vienne a retenu les motifs tirés, d'une part, de ce que M. A B ne justifiait plus d'aucun droit au séjour, ce dernier ne démontrant pas être entré en France moins de trois mois avant l'intervention de sa décision, ni qu'il se maintenait régulièrement sur le territoire national et, d'autre part, de ce que le comportement de l'intéressé constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française, l'intéressé étant incarcéré depuis le 14 décembre 2023 pour des fais d'usage illicite, d'offre ou cession, transport, acquisition et détention non autorisée de stupéfiants et pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité en récidive et destruction d'un bien appartenant à autrui en récidive. Il a enfin considéré que M. A B, qui a déclaré être sans emploi, ne démontre pas la réalité et l'ancienneté de sa vie commune avec la personne qu'il présente comme sa concubine, ni de liens familiaux suffisamment intenses, anciens et stables avec les membres de sa famille résidant en France, à savoir sa mère, qui chez il réside, et deux de ses frères, ce alors même que trois autres de ses frères résident toujours dans son pays d'origine, le Portugal.

10. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la fiche pénale produite en défense, que M. A B est incarcéré depuis le 14 décembre 2023, initialement à la maison d'arrêt de Niort puis, depuis le 1er décembre 2024, au centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne à la suite de sa condamnation pour les faits mentionnés au point précédent, dont certains ont été commis en état de récidive. Ces faits, non contestés par l'intéressé et qui n'ont manifestement pas suscité chez ce dernier une quelconque remise en question de son comportement, constituent à eux seuls, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle sérieuse, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Au surplus, ils s'inscrivent dans un contexte ancien de violence et de délinquance puisqu'il ressort des données issues de la consultation du fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) que le requérant a commis le 10 février 2020 des faits de violence dans un établissement d'enseignement ou d'éducation ou aux abords à l'occasion de l'entrée ou la sortie des élèves suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, le 18 novembre 2019 des faits de vol aggravé par deux circonstances et, le 24 juillet 2019, des faits de destruction ou de dégradation de véhicule privé, faits également non contestés par le requérant.

11. Dans ces conditions, et alors que M. A B n'apporte aucun élément permettant d'établir la durée de sa présence en France ainsi que la réalité de sa situation familiale et de sa relation sentimentale avec une ressortissante française, qui est sans emploi, sans charge de famille et dont au moins trois des frères résident au Portugal, le préfet de la Vienne pouvait, pour le seul motif tiré du 2° de l'article L. 251-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prendre à l'encontre du requérant, une obligation de quitter le territoire français sans délai. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'erreur de droit doivent être écartés.

12. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. M. A B soutient qu'il réside depuis 2008 sur le territoire national avec sa mère et deux de ses frères avec lesquels il entretiendrait des liens familiaux anciens, intenses et stables, que sa mère est d'ailleurs gravement malade, qu'il a une petite amie et qu'il a effectué toute sa scolarité en France. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, il n'apporte aucun élément permettant d'établir la durée de sa présence en France, la réalité, la stabilité et l'intensité de ses liens avec les membres de sa famille qui y résideraient, ni même la relation sentimentale qu'il entretiendrait avec la personne présentée comme sa petite amie. Il est par ailleurs sans emploi, sans charge de famille et admet que trois au moins de ses frères résident au Portugal. S'il affirme ne pas avoir été en mesure de produire au préfet des éléments relatifs à sa situation personnelle en raison de son incarcération, il ne justifie pas, ni n'allègue d'ailleurs, avoir été empêché de produire de tels éléments dans le cadre de la présente instance. Dans ces conditions, la décision litigieuse ne méconnait pas les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen sera écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

14. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes sur lesquels elle se fonde, notamment l'article L.261-1 et L. 264-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la situation de M. A B et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en particulier son article 3. Par ailleurs, elle indique que l'étranger n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté.

15. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet de la Vienne n'aurait pas procédé à un examen réel et approfondi de la situation personnelle du requérant.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 261-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 251-1 mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-4, à destination duquel les étrangers dont la situation est régie par le présent livre sont renvoyés en cas d'exécution d'office. ". Aux termes de l'article L721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; (). / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

17. M. A B, qui se borne à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit, n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il serait exposé à un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyens seront écartés.

18. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés au point 13, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de circuler sur le territoire français :

19. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes sur lesquels elle se fonde, notamment l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la situation de M. A B. Par ailleurs, l'arrêté attaqué indique que le comportement de l'intéressé représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave, du point de vue de l'ordre public, à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté.

20. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet de la Vienne n'aurait pas procédé à un examen réel et approfondi de la situation personnelle du requérant.

21. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ".

22. Compte tenu de ce qui a été exposé aux points 9 et 10 du présent jugement, en prenant à l'encontre de l'intéressé une décision d'interdiction de circulation sur le territoire français et en fixant la durée de cette interdiction à trois ans, le préfet de la Vienne n'a, contrairement à ce qu'allègue le requérant, commis aucune erreur de droit, ni fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

23. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, la décision litigieuse ne méconnait pas les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A B à l'encontre de l'arrêté du préfet de la Vienne du 27 janvier 2025 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

25. Compte tenu de ses motifs, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

26. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de la Vienne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

F. RAVENEAULe greffier,

Signé

C. BERLAND

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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