Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B... et Mme A... dirigée contre un permis de construire délivré par le maire de Les Gonds à la société TOTEM France pour une antenne radiotéléphonique. Les requérants n'ont pas justifié, malgré une demande de régularisation, avoir notifié leur recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation (article R. 600-1 du code de l'urbanisme) ni produit un titre de propriété ou un acte établissant la régularité de leur occupation (article R. 600-4 du même code). En application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans examen au fond.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2025, M. D... B... et Mme C... A... demandent au tribunal d’annuler l’arrêté du 29 janvier 2025 par lequel le maire de Les Gonds a délivré à la société TOTEM France un permis de construire une antenne radiotéléphonique.
Par une lettre du 14 avril 2025, le tribunal a invité M. B... et Mme A... à régulariser leur requête dans un délai de quinze jours, en justifiant que les diligences de l’article R. 600-1 et R. 600-4 du code de l’urbanisme ont bien été accomplies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme : « En cas (…) de recours contentieux à l'encontre (…) d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, (…) l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. (…) / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux (…) ». Il résulte de ces dispositions que l’auteur d’un recours contentieux et, le cas échéant, d’un recours administratif a l’obligation de notifier, dans les hypothèses visées à cet article, son recours contentieux et, le cas échéant, son recours administratif à l’auteur de la décision contestée et au titulaire de l’autorisation.
3. Aux termes de l’article R. 600-4 du code de l’urbanisme : « Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant (…) ».
4. En dépit des demandes de régularisation qui leur ont été adressées le 14 avril 2025, M. B... et Mme A... n’ont pas, à l’expiration du délai de quinze jours qui leur était imparti, ni à la date de la présente ordonnance, justifié avoir accompli les diligences prévues par les articles R. 600-1 et R. 600-4 du code de l’urbanisme. Par suite, leur requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut, dès lors, qu’être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... et Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B... et Mme C... A....
Fait à Poitiers, le 2 juillet 2025.
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière
Signé
D. MADRANGE