lundi 23 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2501687 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | DURAND-LOUVEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juin 2025, M. B A, représenté par Me Durand-Louveteau, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 30 mai 2025 par laquelle le préfet de la Vienne a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de démonstration que son éloignement demeure une perspective raisonnable ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des contraintes de pointage qui lui sont imposées à Loudun alors qu'il réside à Poitiers, ne dispose d'aucune source de revenus, dispose de garanties de représentation et ne constitue pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2025, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Poitiers a désigné Mme C pour exercer les fonctions prévues par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Durand-Louveau, représentant M. A, qui maintient ses conclusions et moyens, et insiste sur les contraintes trop importantes que représentent pour lui le pointage à la brigade de gendarmerie de Loudun alors qu'il a prévenu la préfecture, avant que la décision contestée ne soit prise, qu'il disposait désormais d'une adresse à Poitiers. Il précise que, sans ressources, il est obligé de s'y rendre en stop.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 5 février 2001, fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de destination, prise par le préfet de la Vienne le 28 novembre 2023. Il a été assigné à résidence par une décision du 17 avril 2025 pour une durée de quarante-cinq jours, dont il a demandé l'annulation au tribunal. Par un jugement n° 2501253 du 15 mai 2025, son recours a été rejeté. Par une décision du 30 mai 2025, dont il demande l'annulation, le préfet de la Vienne a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L.732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable une fois dans la limite de la même durée. ". L'article L.733-1 de ce code dispose que : " L'étranger assigné à résidence () se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Enfin, l'article R. 733-1 dudit code prévoit que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
5. Si une décision d'assignation à résidence prise en application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et, notamment, préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même. D'autre part, les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, à savoir s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.
6. Par la décision contestée du 30 mai 2025, le préfet de la Vienne a renouvelé l'assignation à résidence de M. A pour une durée de quarante-cinq jours, dans le département de la Vienne, en lui imposant de se présenter à la brigade de gendarmerie de Loudun, muni de ses effets personnels, les lundis, mardis et jeudis à 8h00 hors jours fériés. M. A soutient que les conditions de pointage qui lui sont imposées sont trop contraignantes alors qu'il réside à Poitiers et ne dispose pas de moyen de locomotion pour se rendre à Loudun, ni de ressources lui permettant de prendre en charge cette dépense. Si l'administration fait valoir ne pas avoir été informée d'un quelconque changement d'adresse du requérant, qui aurait initialement élu domicile à Loudun, selon les informations recueillies lors de son audition le 17 avril 2025 par les services de gendarmerie de Châtellerault, il ressort toutefois du jugement précité du 15 mai 2025, régulièrement notifié au préfet de la Vienne, que M. A a fait valoir à l'audience du 14 mai 2025, dans le cadre de l'instance qu'il a introduite le 22 avril 2025 pour contester la première assignation à résidence prise à son encontre pour une durée de quarante-cinq jours par l'arrêté du 17 avril 2025, qu'il avait quitté son lieu d'hébergement à Loudun à la suite de cet arrêté, et qu'il avait élu domicile à l'unité locale à Poitiers de la Croix Rouge française, ainsi que l'attestation établie par cette structure le confirme pour la période du 28 avril 2025 au 27 avril 2026. Dans ces conditions, la préfecture ne peut sérieusement soutenir que le requérant n'a pas informé l'administration de son changement d'adresse avant l'édiction de la décision du 30 mai 2025 en litige. Dès lors, en désignant comme lieu de pointage la gendarmerie de Loudun alors que M. A réside à Poitiers, le préfet de la Vienne a entaché la décision en litige d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 30 mai 2025 par laquelle le préfet de la Vienne a assigné à résidence M. A pour une durée de quarante-cinq jours en désignant comme lieu de pointage la gendarmerie de Loudun doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du 30 mai 2025 du préfet de la Vienne est annulée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2025.
La magistrate désignée,
Signé
S. GIBSON-THERYLa greffière d'audience,
Signé
C. BEAUQUIN
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026