vendredi 1 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2502280 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | ROBILIARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2025, un mémoire enregistré le 25 juillet 2025 et des pièces complémentaires enregistrées le 29 juillet 2025, M. D C, représenté par Me Robiliard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2025 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il doit être reconduit et l'a interdit de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour d'une durée d'un an dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'arrêté dans son ensemble :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
Sur la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnait les dispositions du 4° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'interdiction de circulation sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait l'article L. 200-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juillet 2025, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boutet, première conseillère, pour exercer les fonctions prévues par l'article L. 922-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les observations de Me Heilmann, substituant Me Robiliard, représentant M. C, qui a repris ses écritures et ajouté que la production par le préfet de la Vienne dans son mémoire en défense d'éléments issus du fichier du traitement des antécédents judiciaires est entachée d'un vice de procédure.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant roumain né le 9 mars 1986, déclare être entré pour la première fois en France en 2020. Par arrêté du 12 juillet 2019, le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français. M. C est incarcéré depuis le 29 juin 2023. Le 3 avril 2025, il a sollicité un titre de séjour en raison de son état de santé. Par arrêté du 7 juillet 2025 le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il doit être reconduit et l'a interdit de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence de l'auteur de l'arrêté :
2. L'arrêté en litige a été signé par Mme B A, directrice de cabinet du préfet de la Vienne, qui a reçu délégation, par arrêté n° 2024-SG-DCPPAT6021 du préfet de la Vienne en date du 1er juillet 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 86-2024-169 le même jour et accessible sur le site internet de la préfecture, à l'effet de signer en cas d'absence ou d'empêchement de M. Etienne Brun-Rovet, secrétaire général de la préfecture de la Vienne, tous les actes, arrêtés, décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Vienne, à l'exception de matières dont ne relève pas l'arrêté en litige. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E n'aurait pas été absent ou empêché le jour de la signature de l'arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 7 juillet 2025 doit être écarté.
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2°() ". Aux termes de l'article L. 200-4 de ce code dispose :" Par membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes : / 1° Conjoint du citoyen de l'Union européenne () ".
4. M. C fait valoir que sa compagne ressortissante roumaine, qui est la mère de deux de ses enfants, dispose d'un contrat à durée indéterminée signé le 22 mai 2025 avec une entreprise de nettoyage pour un emploi à temps partiel. Il ne fournit toutefois aucun document de nature à justifier que son activité était effective au jour où la décision attaquée a été prise. Dans ces conditions, en l'état du dossier, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer un titre de séjour à M. C.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Le requérant déclare être entré en France en 2000 sans toutefois l'établir, ni justifier de sa présence continue sur le territoire depuis cette date. Il invoque la présence en France de sa compagne de nationalité roumaine, mère de ses deux enfants mineurs nés en 2020 et 2021, qui a signé un contrat à durée indéterminé pour un emploi à temps partiel le 22 mai 2025, sans toutefois produire aucune preuve de l'effectivité de cette activité. Il invoque également la présence en France de son fils majeur né en 2007 et de son neveu, mais il n'établit pas l'intensité et la stabilité de leurs relations. Si M. C invoque son état de santé, notamment la circonstance qu'il souffre d'une hépatite B, il ressort de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration daté du 25 juin 2025 que son état de santé nécessite une prise en charge dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Enfin, M. C n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. D C a été condamné le 18 mai 2024 à trois mois d'emprisonnement pour des faits de tentative de vol avec destruction ou dégradation, le 2 juin 2009 à une peine de trois mois d'emprisonnement pour recel de bien provenant d'un vol, le 12 janvier 2020 à quatre mois d'emprisonnement pour des faits de vol avec destruction ou dégradation, le 7 mars 2011 à six mois d'emprisonnement pour des faits de récidive de tentative de vol aggravé par deux circonstance et de récidive de recel de bien provenant d'un vol, le 8 mars 2014 à quatre ans d'emprisonnement pour des faits de récidive de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation un lieu d'entrepôts aggravé par une autre circonstance et de participation à une association de malfaiteur en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans d'emprisonnement, le 25 février 2019 à trois et six mois d'emprisonnement pour des faits de prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui et usage et recel de faux document administratif, le 18 septembre 2019 à trois ans d'emprisonnement pour des faits de récidive de vol et tentative de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance. Dans ces conditions, alors que la cellule familiale qu'il déclare constituer avec la mère de ses enfants également de nationalité roumaine peut se reconstituer dans leur pays d'origine, et compte tenu de la gravité et du caractère répété des condamnations dont il a fait l'objet, la décision de refus de titre de séjour n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. C une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le préfet de la Vienne n'a par suite pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en prenant cette décision.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable aux citoyens de l'Union européenne : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".
8. Lorsqu'elle entend prendre une mesure d'éloignement sur le fondement du 2° des dispositions de l'article L. 251-1, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
9. D'une part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte application des dispositions du 1° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et droit d'asile en obligeant M. C à quitter le territoire français au motif qu'il ne justifie pas d'un droit au séjour.
10. D'autre part, compte tenu, d'une part, du caractère répété et de la gravité des condamnations dont M. C a fait l'objet qui sont exposées au point 6 et, d'autre part, de l'absence de preuve d'intégration dans la société française en dehors de la cellule familiale qu'il déclare constituer avec sa compagne et ses enfants de nationalité roumaine, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte application des dispositions du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et droit d'asile en l'obligeant à quitter le territoire français au motif que son comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société.
11. En deuxième lieu, dès lors que la décision attaquée n'est pas fondée sur les mentions du fichier du traitement des antécédents judiciaires mais sur les seules condamnations dont M. C a fait l'objet, le moyen soulevé à l'audience, tiré du vice de procédure pour l'application des dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale doit être écarté.
12. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. C une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en prenant cette décision.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
14. Comme cela a été exposé au point 6, la cellule familiale que M. C déclare constituer avec sa compagne de nationalité roumaine et leurs deux enfants nés en 2020 et 2021 peut se reconstituer dans leur pays d'origine où leur scolarité peut se poursuivre. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant en prenant la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
15. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".
16. Eu égard à la gravité et au caractère répété des faits pour lesquels M. C a été condamné qui sont exposés au point 6, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considérant qu'il y avait urgence à l'éloigner dès sa sortie de prison et, par suite, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai.
18. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels elle se fonde, notamment l'article L. 711-2, et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle précise que le requérant n'établit pas être exposé à un risque de subir des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Elle est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.
19. En troisième lieu, M. C n'établit pas qu'il serait, en cas de retour en Roumanie, effectivement et personnellement exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'interdiction de circulation sur le territoire français :
20. En premier lieu, la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français vise les dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde. Elle relève que le comportement de M. C constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société et elle examine les éléments concernant sa vie privée et familiale. La décision en litige est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.
21. En second lieu, aux termes de l'article L. 200-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile du même code : " Les restrictions au droit de circuler et de séjourner librement en France prononcées à l'encontre de l'étranger dont la situation est régie par le présent livre ne peuvent être motivées que par un comportement qui constitue, du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Il en va de même lorsque l'étranger dont la situation est régie par le présent livre a fait l'objet d'une peine d'interdiction du territoire, d'une décision d'expulsion, d'une interdiction de circulation sur le territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire ".
22. Pour les motifs exposés au point 10, le comportement de M. C constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 200-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'interdisant de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C, à fin d'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2025 du préfet de la Vienne doivent être rejetées, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il a présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Vienne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er août 2025.
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026