Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. B... comme manifestement irrecevable. Le requérant demandait l'annulation d'un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français, alors qu'il avait en réalité fait l'objet d'une interdiction judiciaire définitive du territoire prononcée par le tribunal correctionnel. La requête était donc dépourvue d'objet. Cette irrecevabilité, constatée sur le fondement de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'était pas susceptible d'être régularisée en cours d'instance.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Poitiers le 19 août 2025, M. C... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir un arrêté du 19 juillet 2025 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour en France ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour portant la mention « vie privée et familiale », dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, ou à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.
Vu la décision du 1er septembre 2025 par laquelle le président du tribunal a désigné M. A... pour statuer sur les litiges relevant des procédures prévues aux articles L921-1 à L922-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le jugement est rendu, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du code de justice administrative à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : (…) / Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ».
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B... a été condamné, par un jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux du 13 mai 2022, à une peine d’interdiction définitive du territoire français. Pour l’exécution de cette décision, le préfet de la Vienne a désigné comme pays de renvoi la République Centrafricaine, par une décision du 15 juillet 2025. L’intéressé a ensuite, été à sa levée d’écrou, placé en rétention, par arrêté du 19 juillet 2025. Or, par la présente requête, M. B... demande au tribunal d’annuler « un arrêté du préfet de la Vienne en date du 19 juillet 2025 (…) l’obligeant à quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour en France ». Le requérant n’ayant pas fait l’objet d’une telle décision, ses conclusions à fin d’annulation sont dépourvues d’objet. Par suite sa requête doit être rejetée comme entachée d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être couverte en cours d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et au préfet de la Vienne.
Le président de la 1ère chambre,
Signé
J. A...
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.