mardi 25 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2500549 |
| Type | Décision |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2025, M. C A, représenté par Me Feix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2025 par lequel le préfet de la Corrèze l'a assigné à résidence dans ce même département pour une durée de quarante-cinq jours, avec obligation de se présenter au commissariat de police de Brive-la-Gaillarde les lundis, mercredis et vendredis ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est fondé, par voie d'exception, à se prévaloir de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle l'assignation à résidence est fondée dès lors qu'il peut prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que cette mesure d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté du 10 mars 2025 l'assignant à résidence n'est ni nécessaire ni proportionné ;
- l'assignation à résidence litigieuse méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2025, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Limoges a désigné M. Boschet, premier conseiller, pour statuer notamment sur les litiges visés aux articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique à laquelle le préfet de la Corrèze n'était ni présent ni représenté :
- le rapport de M. Boschet,
- les observations de Me Feix, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant nigérian né le 15 mars 1988, M. A indique être entré en France en 2012. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 31 janvier 2013, confirmée par la CNDA le 9 janvier 2015. Par des arrêtés des 25 octobre 2017 et 23 décembre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Le 13 juin 2022, il a fait l'objet d'un nouvel arrêté par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai. A la suite d'un contrôle par les services de police pour vérification des droits de circulation et de séjour, le préfet de la Corrèze, se fondant sur l'obligation de quitter le territoire français prononcée le 13 juin 2022, a pris à son encontre un arrêté du 10 mars 2025 l'assignant à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours, avec obligation de se présenter au commissariat de police de Brive-la-Gaillarde les lundis, mercredis et vendredis. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est, en revanche, recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté du 13 juin 2022, M. A avait déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées. En outre, séparé depuis novembre 2020 de son ancienne épouse, Mme E, qui vit à Epernay, il ne justifie pas, par les seuls éléments produits à l'appui de son recours, qu'à la date de cet arrêté du 13 juin 2022, il aurait effectivement contribué à l'entretien et à l'éducation de ses trois enfants F, D et B, qui résidaient avec leur mère, ou qu'il aurait entretenu des liens intenses avec eux. Par ailleurs, le requérant n'établit pas qu'il aurait été dépourvu d'attaches au Nigeria. Dans ces conditions, en dépit des activités professionnelles qu'il a exercées, le plus souvent pendant qu'il était en situation irrégulière en France, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté d'atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de ce que l'arrêté du 13 juin 2022 méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à faire valoir que cette mesure d'éloignement du 13 juin 2022 serait illégale au motif qu'il aurait rempli les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. D'autre part, M. A ne justifie pas que ses trois enfants auraient la nationalité française. En outre, comme il a été dit au point 3, il ne démontre pas qu'à la date de l'arrêté du 13 juin 2022 du préfet de la Seine-Maritime, il aurait effectivement contribué à leur entretien et à leur éducation. Par suite, le requérant n'est pas non plus fondé à soutenir que cet arrêté du 13 juin 2022 est illégal au motif qu'il aurait rempli les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'un enfant français en vertu de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Compte tenu de ce qui a été indiqué aux points 3 et 4, et à supposer même que ce moyen soit recevable dès lors que le recours formé par M. A à l'encontre de l'arrêté du 13 juin 2022 a été rejeté par un jugement du 23 juin 2022 du tribunal administratif de Rouen, l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cet arrêté.
6. En second lieu, il n'est pas contesté que l'éloignement du requérant demeure une perspective raisonnable et qu'il a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire n'a pas été accordé, de sorte qu'il entrait dans le champ des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A réside dans le département de la Corrèze, dans lequel il a été assigné à résidence. S'il se prévaut de la présence de ses trois enfants en France, il ressort des pièces du dossier qu'ils vivent à Epernay chez leur mère et l'intéressé n'établit pas qu'il entretiendrait des liens d'une particulière intensité avec eux. Par ailleurs, l'assignation à résidence litigieuse ne l'empêche pas d'avoir des contacts avec ces derniers. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé exercerait une activité professionnelle de manière régulière et que l'arrêté du 10 mars 2025 du préfet de la Corrèze aurait pour objet ou pour effet de rendre impossible une telle activité. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'assignation à résidence litigieuse, dans son principe ou dans les modalités de présentation dont elle est assortie, porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence litigieuse ne serait ni nécessaire ni proportionnée doit aussi être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 10 mars 2025 du préfet de la Corrèze et, par voie de conséquence, les autres conclusions présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Corrèze.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 25 mars 2025.
Le magistrat désigné,
J.B. BOSCHET
La greffière,
M. G
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
M. G
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604050
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme C..., ressortissante afghane, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 22 avril 2026 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la décision était légale au regard de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoit un refus en cas de demande de réexamen d’asile. Il a considéré que la motivation était suffisante, que la vulnérabilité de la requérante avait été prise en compte, et que l’OFII n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation. En conséquence, les conclusions à fin d’annulation et les demandes accessoires ont été rejetées.
01/06/2026