Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2309770
jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2309770 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 11ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 août 2023, Mme B C, représentée par Me Aguirre Gutierrez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur sa demande, présentée le 2 février 2023, tendant à la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision contestée :
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que l'intéressée est convoquée le 24 novembre 2024 pour le renouvellement de son récépissé.
Par une ordonnance en date du 8 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Marias a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante péruvienne née le 18 mai 1991, a sollicité, le 2 février 2023, la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Le préfet de la Seine-Saint-Denis ayant implicitement rejeté sa demande, la requérante demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions de la requête :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
3. Mme C, entrée sur le territoire français le 13 décembre 2018 à l'âge de vingt-sept ans, ne fait état d'aucune circonstance de nature à faire obstacle à une reconstitution de sa cellule familiale dans son pays d'origine, accompagnée de son époux, de même nationalité, et de ses enfants en bas âge. Dans ces conditions, la décision en litige n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et n'a ainsi pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
5. Alors que la décision en litige n'a pas pour objet de séparer la requérante et son époux de leurs enfants, aucune pièce du dossier ne permet de considérer que ces enfants, scolarisés respectivement en 2018 et 2019, et ayant achevé leur année scolaire, l'un, en classe de 6ème, l'autre, en cours élémentaire 1ère année, ne pourraient poursuivre leur scolarité au Pérou. Par suite, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant n'a pas été méconnu.
6. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 et 5, la décision contestée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Israël, président,
- M. Marias, premier conseiller,
- M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2024.
Le rapporteur,
M. Marias Le président,
M. Israël
La greffière,
Mme A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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