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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2402819

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2402819

jeudi 18 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2402819
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème chambre
Avocat requérantPLACE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme A... dirigée contre le refus implicite de titre de séjour. La clôture de sa demande par le préfet de la Seine-Saint-Denis, faute de présentation aux fins de recueil des empreintes, ne constitue pas une décision faisant grief et est donc insusceptible de recours pour excès de pouvoir. Le tribunal s'est fondé sur les articles R. 431-10 et R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 février 2024, Mme C... A..., représentée par Me Place, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur sa demande de titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ; à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 400 euros au titre de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations du 2 de l’article 6 de l’accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation à ce titre.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucune décision implicite de refus n’étant née, la requête est irrecevable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Jaur ;
- les observations de Me Girod substituant Me Place, représentant Mme A..., présente.

Le préfet de la Seine-Saint-Denis n’était ni présent ni représenté.


Considérant ce qui suit :

Mme A... a effectué une pré-demande de titre de séjour sur la plateforme ministérielle dédiée dénommée Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) qui a été enregistrée le 2 septembre 2023. La requérante demande l’annulation de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a implicitement rejeté cette demande. Le 25 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a clôturé la demande de titre de séjour de Mme A... au motif qu’elle n’avait réalisé aucune démarche permettant le recueil de ses empreintes.

Sur l’étendue du litige :

Ainsi qu’il a été dit au point 1, le préfet de la Seine-Saint-Denis a clôturé la demande de titre de séjour de Mme A... le 25 juillet 2024. Cette décision s’est substituée à la décision implicite de rejet de sa pré-demande. Par suite, les conclusions à fin d’annulation et les moyens présentés par Mme A... doivent être regardés comme dirigés contre l’acte du 25 juillet 2024.

Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :

Aux termes de l’article R. 431-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour présente à l’appui de sa demande: 1o Les documents justifiants de son état civil ; / 2o Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3o Les documents justifiants de l’état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu’il sollicite la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l’intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l’article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents ». Aux termes de l’article R. 431-11 du même code : « L’étranger qui sollicite la délivrance d’un titre de séjour présente à l’appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ».

Il résulte de ces dispositions qu’en dehors du cas d’une demande à caractère abusif ou dilatoire, l’autorité administrative chargée d’instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l’enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l’appui de cette demande est incomplet. En revanche, le refus d’enregistrer une demande tendant à la délivrance d’un titre de séjour, à l’appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir.

Pour clôturer la demande de titre de séjour présentée par Mme A... le 2 septembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis s’est fondé sur le motif que malgré les demandes de la préfecture, l’intéressée n’avait réalisé aucune démarche permettant le recueil de ses empreintes. Mme A... ne conteste pas cet élément dans ses écritures. Par suite, la clôture du 25 juillet 2024 ne constitue pas une décision faisant grief et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... A... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Israël, président,
M. Marias, premier conseiller,
Mme Jaur, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2025.


La rapporteure,



Mme Jaur
Le président,



M. Israël

La greffière,



Mme B...

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.

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