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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2403998

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2403998

lundi 29 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2403998
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation12ème chambre
Avocat requérantPIERRE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A..., ressortissant malien, qui contestait le refus implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour. Le tribunal a jugé que le simple dépôt d’une demande de rendez-vous via le téléservice « démarches simplifiées » ne constitue pas une demande de titre de séjour au sens de l’article R. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et ne peut donc faire naître une décision implicite de rejet. En conséquence, la requête a été déclarée irrecevable faute de décision faisant grief.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 mars 2024, 18 juillet 2024, 23 juillet 2024, M. B... A..., représenté par Me Lenormand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) à titre principal, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour sollicité ;
3°) à titre subsidiaire, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de sa situation et dans cette attente, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur de droit faute d’absence de convocation à un rendez-vous en préfecture ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la décision du 16 décembre 2023 est fondée sur l’illisibilité du document fourni par M. A... sur la plateforme ANEF.

Les parties ont été informées, en application de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen soulevé d’office tiré de l’irrecevabilité des conclusions à fin d’annulation pour défaut de décision faisant grief, le seul dépôt d'une demande via le téléservice « démarches simplifiées », n'étant pas susceptible de faire naître une décision implicite de refus de délivrance de titre de séjour.

Par un mémoire, enregistré le 12 septembre 2025, M. A... a présenté des observations en réponse au moyen d’ordre public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Jaur ;
- les observations de Me Monteiro, substituant Me Lenormand avocat de M. A..., présent.


Considérant ce qui suit :

M. A... né le 12 décembre 1998 est un ressortissant malien. Le 16 août 2023, il a déposé une demande de rendez-vous pour le dépôt de sa demande d’un titre de séjour mention « vie privée et familiale », via le téléservice « démarches simplifiées ». Le 15 janvier 2024, il a sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet. Le 13 février 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a répondu que sa demande était classée sans suite car « irrecevable », faute de fournir un justificatif entier. Le 12 mars 2024, M. A... en a sollicité une explication, sans succès. Le 18 juillet 2024, un récépissé de demande de titre de séjour lui a été délivré, ne l’autorisant pas à travailler. M. A... demande l’annulation de la décision implicite née 16 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Aux termes du premier aliéna de l’article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture ». Aux termes de de l’article R.432-1 du même code : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 de ce code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ».

M. A... a déposé le 16 août 2023 une demande de rendez-vous pour le dépôt de sa demande d’un titre de séjour mention « vie privée et familiale » via le téléservice « démarches simplifiées ». Contrairement à ce qu’il soutient, le simple dépôt de ce dossier ne peut être regardé comme une présentation de la demande de titre de séjour au sens de l’article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de nature à faire naître une décision implicite de rejet de celle-ci en application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2. Dans ces conditions, la requête M. A... ne saurait être regardée comme dirigée contre une décision faisant grief pouvant faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir et doit être rejetée dans toutes ses conclusions.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Délibéré après l'audience du 15 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Jauffret, président,
M. Jaur, première conseillère,
Mme Lamlih, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2025.

La rapporteure,



A. Jaur
Le président,



E. JauffretLa greffière,



Cardon

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.

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