Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2404468
mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2404468 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 avril 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne " et, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
- contrairement à ce qu'indique l'arrêté attaqué, il est marié à une ressortissante espagnole et futur père d'un enfant à naître ;
- n'ayant pas été autorisé à déposer de nouveaux documents, afin notamment de justifier de son mariage, l'instruction de sa demande de régularisation n'a pas pu être conduite de façon éclairée par l'administration, au regard de sa nouvelle situation personnelle et familiale ;
- en sa qualité d'époux, membre de famille d'une ressortissante européenne, l'obligation de quitter le territoire français et l'interdiction de retour sur le territoire français portent atteinte à sa vie privée et familiale, garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Guiral a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 15 septembre 1996, demande l'annulation de l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est marié le 3 juillet 2023 à Lloret de Mar (Espagne) avec une ressortissante espagnole. Dès lors, en considérant qu'à la date à laquelle a été édicté l'arrêté attaqué, le requérant était célibataire, le préfet de la Seine-Saint-Denis a commis une erreur de fait sur la situation familiale de l'intéressé, peu important à cet égard que l'information relative à ce mariage n'ait pas été portée à la connaissance de l'administration. Par suite, dès lors qu'elle est susceptible d'avoir exercé une influence sur l'appréciation portée par le préfet sur la situation du requérant, cette erreur de fait entache d'illégalité la décision de refus de séjour litigeuse.
3. Il résulte de ce qui précède que la décision en date du 25 janvier 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis portant refus d'admission au séjour doit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, être annulée. Il y a lieu, par voie de conséquence, d'annuler les décisions du même jour par lesquelles le préfet a refusé d'accorder au requérant un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.
4. L'exécution du présent jugement implique seulement, compte tenu du motif sur lequel il se fonde, que le préfet territorialement compétent réexamine la situation de M. A, lui délivre un récépissé de demande de titre de séjour et procède enfin à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Il y a lieu de lui enjoindre de procéder à ce réexamen dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de mettre fin sans délai à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 janvier 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. A dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement en lui délivrant un récépissé de demande de titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur son cas et de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 11 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Gauchard, président,
- M. Guiral, premier conseiller,
- Mme Lamlih, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
S. Guiral
Le président,
L. Gauchard
La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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