Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2405987

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2405987
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. B, ressortissant égyptien, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de la Seine-Saint-Denis. Le tribunal a écarté les moyens soulevés, estimant que le préfet avait suffisamment examiné la situation du requérant, notamment au regard de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qu'aucune erreur de fait n'était établie. Il a également jugé que la décision ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'absence de liens familiaux et professionnels suffisamment stables en France. En conséquence, toutes les demandes de M. B, y compris celles relatives aux frais d'instance, ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mai 2024, M. A B, représentée par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ou de réexaminer sa situation dans le même délai en lui remettant une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lamlih ;

- les observations de Me Momajian, subsitutant Me Calvo Pardo, représentant M. B.

Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était pas présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant égyptien né le 2 juillet 1967, soutient être entré en France le 1er mars 2015 et y résider depuis lors. Il a sollicité le 17 janvier 2023 le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 28 mars 2024, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné d'office.

2. En premier lieu, M. B soutient que le préfet de la Seine-Saint-Denis a entaché la décision lui refusant un séjour d'un défaut d'examen dès lors qu'il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il a produit des éléments médicaux et qu'il s'est également, à cette occasion, prévalu de sa situation professionnelle. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que pour refuser un titre de séjour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré que l'intéressé " n'allègue aucune raison de santé à l'appui de sa demande de titre de séjour pour qu'il puisse prétendre au bénéfice de l'article

L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " et qu'il a ainsi examiné la situation de M. B sur le fondement de ces dispositions. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, si le requérant soutient que le préfet a commis une erreur de fait sur sa date d'entrée sur le territoire national en faisant valoir qu'il est arrivé en France le 1er mars 2015 ainsi que le mentionne son récépissé de demande de carte de séjour délivré par la préfecture et non le 1er octobre 2019, il n'établit pas, par cette seule mention, qu'il serait entré en dernier lieu le 1er mars 2015. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de séjour serait entaché d'une erreur de fait doit être écarté.

4. En dernier lieu, M. B soutient être présent en France depuis le

1er mars 2015. Toutefois, il ne justifie pas par les pièces qu'il produit, résider de manière habituelle en France depuis cette date. S'il soutient également qu'il est suivi par le service d'hémoto-oncologie de l'hôpital Saint Louis à Paris, l'intéressé n'établit ni même n'allègue l'indisponibilité de ce suivi en Egypte. Il ressort également des pièces du dossier que M. B est célibataire, sans charge de famille et qu'il ne justifie pas ne plus avoir d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Si le requérant se prévaut également de sa situation professionnelle, celle-ci n'est justifiée que depuis juin 2022 soit moins de deux ans à la date de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a porté au droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 11 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,

M. Guiral, premier conseiller,

Mme Lamlih, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.

La rapporteure,

D. Lamlih

Le président,

L. Gauchard La greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.