vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2409669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | MALEKIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 7 et 10 juillet 2024 et le 7 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Malekian, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 4 juillet 2024 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à l'effacement du signalement à fin de non-admission dont il fait l'objet dans le système d'information Schengen ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'enregistrer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
En ce qui concerne les décisions portant refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour et refus implicite de délivrance d'un récépissé :
- la décision portant refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour méconnaît les articles L. 435-1 et 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant refus implicite de délivrance d'un récépissé méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnaît les articles L. 611-1 à L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que son droit à être entendu a été méconnu ;
- elle porte atteinte à sa liberté de circulation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Toutain, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 776-1 et L. 776-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Toutain, magistrat désigné, qui a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation des décisions du 4 juillet 2024 portant refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour du requérant et refus implicite de délivrance d'un récépissé, motif pris, d'une part, de l'absence de preuve de l'existence d'une telle décision et, d'autre part, à supposer l'existence de cette décision établie, de son caractère insusceptible de recours, en l'absence de preuve du caractère complet du dossier alors présenté en préfecture ;
- et les observations de Me Malekian, pour M. B, absent, qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et soutient, en outre, que le dossier déposé le 4 juillet 2024 en préfecture était complet, ainsi que l'établit l'obtention d'un rendez-vous via la plateforme démarches-simplifiées.fr, que sa demande a fait l'objet d'une décision de refus d'enregistrement au guichet, à la suite de laquelle il a été interpellé et placé en garde à vue pour détention et usage de faux documents, et que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais né le 3 juin 2004, déclare être entré en France en 2020. Il a été interpellé et placé en garde à vue le 4 juillet 2024 pour des faits de faux et usage de faux. Il demande l'annulation, d'une part, de la décision du 4 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer d'un récépissé, d'autre part, de l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel ce préfet lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant refus d'enregistrement d'une demande de titre et refus implicite de délivrance d'un récépissé :
2. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer et de délivrer le récépissé y afférent que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Dans cette hypothèse, le refus d'enregistrer la demande de titre de séjour ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
3. Il ressort des pièces du dossier et des explications fournies par le conseil de M. B à l'audience que le requérant s'est présenté le 4 juillet 2024 à la sous-préfecture du Raincy en vue du dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et s'est vu opposer un refus d'enregistrement au guichet. M. B soutient, sans être contredit, que ce refus était fondé sur la circonstance que le passeport qu'il a présenté était un faux. Si cette circonstance ne saurait permettre de fonder un refus d'enregistrement dans l'hypothèse où l'intéressé justifie par d'autres pièces de sa nationalité, le requérant n'établit pas, par les pièces produites dans le cadre de la présente instance, que le dossier alors présenté au service était par ailleurs complet. Par suite, la décision de refus d'enregistrement ne saurait être regardée comme lui faisant grief.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions du 4 juillet 2024 portant refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour et refus implicite de délivrance d'un récépissé doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué du 5 juillet 2024 que, pour obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur la circonstance que celui-ci ne pouvait pas justifier d'une entrée régulière sur le territoire français, n'était pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité et n'avait pas effectué de démarches pour régulariser sa situation au regard du droit au séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B avait déposé, le 29 décembre 2023, une pré-demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le site démarches-simplifiées.fr et avait été convoqué, par courrier du 26 juin 2024, à un rendez-vous à la sous-préfecture du Raincy en vue de l'enregistrement de sa demande. Ainsi qu'il a été exposé au point 3, le requérant soutient, sans être contredit, s'être présenté audit rendez-vous le 4 juillet 2024 et s'être vu opposer un refus d'enregistrement. Par suite, en indiquant que M. B n'avait effectué aucune démarche en vue de régulariser sa situation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a entaché sa décision d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation du requérant.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 5 juillet 2024.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. D'une part, le présent jugement implique nécessairement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B, dans un délai de quatre mois à compter de sa notification, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a, en revanche, pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
8. D'autre part, ce même jugement implique également que le préfet de la Seine-Saint-Denis fasse procéder sans délai à l'effacement du signalement à fin de non-admission de M. B dans le système d'information Schengen.
Sur les conclusions relatives aux frais du litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme de 1 100 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a obligé M. B à quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout préfet territorialement compétent, d'une part, de réexaminer la situation de M. B, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour et, d'autre part, de faire procéder sans délai à l'effacement du signalement à fin de non-admission de l'intéressé dans le système d'information Schengen.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 100 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
E. Toutain La greffière,
C. Yen Pon
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026