Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2415359

lundi 3 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2415359
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme B, ressortissante sénégalaise, qui sollicitait une injonction à l'encontre du préfet de la Seine-Saint-Denis pour obtenir un rendez-vous en vue du renouvellement de son titre de séjour. La requérante invoquait l'urgence liée à sa situation irrégulière et à la privation de ses droits sociaux, mais n'a pas apporté de preuves suffisantes de ses démarches infructueuses (tentatives de connexion au site internet ou contacts téléphoniques). Le juge a estimé que la condition d'utilité de la mesure n'était pas remplie, faute de justifications concrètes, et a rejeté le surplus des conclusions. L'aide juridictionnelle provisoire a toutefois été accordée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Magbondo, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer à un rendez-vous en préfecture pour lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles

L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est en situation irrégulière et est privée de ses droits sociaux.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Charret, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B ressortissante sénégalaise née le 26 juin 1987, demande au juge des référés du tribunal, statuant en application des dispositions de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer pour procéder à l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

5. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative, peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

6. En l'espèce, Mme B soutient être dans l'impossibilité de se connecter au site internet de la préfecture de la Seine-Saint-Denis afin d'obtenir un rendez-vous en vue de déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Toutefois, si elle se borne à alléguer qu'elle s'est présentée plusieurs fois à la préfecture de la Seine-Saint-Denis et qu'elle a contacté les services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis à de très nombreuses reprises par téléphone, elle ne produit aucun élément ni aucune pièce justificative à l'appui de ses allégations. Par ailleurs, elle ne justifie pas de la matérialité de ses vaines et multiples tentatives de se connecter au site internet de la préfecture de la Seine-Saint-Denis en vue de prendre un rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par suite, Mme B ne justifie pas de l'utilité de la mesure sollicitée tendant à la délivrance d'un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Les conditions de mise en œuvre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'étant pas remplies, les conclusions à fin d'injonction présentées sur le fondement de cet article doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 3 février 2025

Le juge des référés,

J. Charret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.